ACTE TROISIÈME
Qu'importe, si, du coup, convertie, elle croit! Laisse aux Pharisiens leur justice trop raide. Cbrist est conciliant et vient mieux à notre aide. Sa grâce a des façons plus souples, sans rigueurs, Dont l'indulgent emploi sied à nos faibles cœurs. Si le droit que j'ai pris est ou non légitime. C'est à lui, pas à. toi, que j'en remets l'estime. A bonne intention j'ai fait ce que j'ai fait. Il sait la cause.
ARUXS
Eh bien ! montre-nous-en l'effet.
Pour clore ce débat, qu'elle-même proclame Si c'est la foi chrétienne enfin qu'elle a dans l'âme 1 Sans quoi je soutiendrai que moi seul eus raison Et que ta complaisance est une trahison.
A Flammeola, brutalement.
Es-tu chrétienne?
JOHANNÈs, avec pitié.
Quelle affreuse violence !
ARUNS, redoublant de brutalité.
Réponds, réponds! Es-tu chrétienne?
Flammeola ne répond rien.
Ah ! son silence La condamne, tu vois, et te condamne aussi.
FLAM.ME0LA
Puis-je répondre, alors qu'on m'interroge ainsi? Christ, dont il me rapproche et dont tu me repousses, N'a jamais eu pour moi que des paroles douces; Et dans ton verbe dur, plein de mots ennemis, Je ne reconnais plus le Dieu qu'il m'a promis. Ah! je l'aime, son Christ. Le tien, je le redoute. C'est ta faute, s'il m'est venu ce dernier doute. Mais près de Johannès il sera vite enfui. Je désire en parler seule à seul avec lui.
LA MARTYIŒ
Mes frères, rendons-nous à celte humble requête. Laissons Christ achever à son gré la conquête D'une àme qu'en effet j'espère en rapprocher. Et que votre relus pourrait effaroucher.
Soit, frère! Et quel que soit le péril que tu braT€S,
Il ne sera pas dit que je mets des entraves
A ton œuvre par un stupide entêtement.
J'ai fait ce que j'ai dû. Si ce fut durement,
Ma bonne intention soit aussi mon excuse;
Et si je t'accusais à tort, je m'en accuse.
Aux fidèles.
Frères, éloignez-vous. Oubliez en chemin
Tout ce qui n'a pas trait au grand jour de demain.
JOHASNÈS, aux fidèles qui commencent à sortir.
Sois béni dans tous tes pensers, troupeau fidèle !
ARllSS
Et toi de même !
TOCS, en s'en allant.
Ainsi soit-il!
ARCSS, à Jûiiannès.
Songe, auprès d'elle, Que le Malin peut-être est là, fort et subtil.
Les derniers fidèles sont en train de franchir le seuil.
Je vais prier pour toi, mon frère.
JOHAN.NÈS
- Ainsi soit-il !
Perdant que les derniers fidèles disparaissent, .^rnns se ren.gauche, allant vers le sanctuaire, et disparaJt à son tour sui des enfants de chœur et des diacres.