SCÈNE Y JOHA^■^ÈS, FLAMilEOLA
Quel est ce doute encor dont ton âme est troubJëe? Fout le jour je t'ai vue, en la sainte assemblée. : Pieuse, humble, gémir lorsque nous gémissions. 3t t'exalter au vol des lamentations /ers Christ, plus près de nous quand il est dans sa tombe. î)'où vient, monté si haut, que ton cœur en retoml>e? i)ublie Aruns. Remets ton cœur eu oraison, 'uisque Aruns avait tort!
FLAMMEOLA
Noni II avait raison.
'ue dis-tu?
Qu'il avait raison, que sa colère ieu,\ que ton indulgence eu4. la vision claire 2 mon crime.
JOHAXSÈS
Quel crime?
Ah ! folle que j'étais, ! croire qu'avec moi, quand je le commettais, ns ce crime innocent je t'avais pour complice! nocent, ou"! ! Comment en trouver le délice upable, que par toi je croyais partagé? ,las! de cette erreur vient le remords que j'ai, r mon crime n'est tel que si tel il te semble. n'en serait plus un, l'ayant commis ensemble.
7i LA MARTYRE
JOHANNÈS
.le ne te comprends pas. Je ne puis supposer...
FLAMMEOLA
Si! Si! Dis-moi qu'il fut criminel, mon baiser, Infâme, sacrilège, et diurne qu'on l'abhorre. Et tout ce qu'en a dit Aruns, et plus encore; Dis-moi qu'en m'exaltant vers ton Dieu j'ai menti, Soit! Mais ne me dis pas que tu n'as rien senti, Et que rien ne te reste, et que rien ne te touche, i)e ce baiser d'amour sanglotant sur ta bouche!
Assez! Ton crime alTreux m'apparaît à présent. Ne le redouble pas, femme, en l'y complaisant.
FLAMMEOLA
Pourrais-je l'avouer et ne pas m'y complaire?
Ah! cet aveu, que ta clémence le tolère!
Ne le repousse pas d'un visage irrité.
Sois pitoyable au moins pour ma sincérité.
Ce que mon âme trouble et folle porte en elle,
C'est en le le cachant que j'étais criminelle.
Mais puisque désormais rien ne t'est plus caché,
Tu dois connaître les motifs de mon péché.
Et comment, l'ayant fait, je m'en trouve innocente.
Christ est conciliant, disais-tu. Qu'il consente
A nous unir, l'espoir en est-il défendu?
Oui. Sache qu'à lui seul tout mon amour est dû.
Que j'en ai fait le vœu pour être son apôtre.
Que ce vœu me prescrit de n'être à personne autre
Sa grâce a des façons sans rigueurs, disais-tu. Pourquoi tant de rigueurs, alors, dans ta vertu? Réfléchis, s'il me faut, pour devenir chrétienne. L'espoir, fût-il rêvé, qu'un jour je l'appartienne,