YTH0FIIASKS
le qui te grise, c'est la sève, ta vigueur >ui renaît.
Tel un lys, sur sa tige brisée, e redresse avec peine, alourdi de rosée.
ZYlHOrilA.xiiS
aisse-la remonter doucement dans ton corps, ette sève.
Et parmi les senteurs, les accords, aisse voguer ton âme au flot des causeries ù nous la bercerons dans des barques fleuries.
)it! En vain contre vous ma raison se défend ;
\r ma faiblesse fait de moi comme un enfant
ai s'apaise d'un conte au rythme monotone,
ms prendre garde au sens des mots qu'on lui chantonne.
ZÏTHOPHA.NÈS
C'est par le conte aussi, vaguement écouté,
Qu'elle crut en nos dieux, la jeune humanité.
Et ces dieux, j'en conviens, sont de vains simulacres.
Mais, comme un élixir trop fort, aux saveurs acres,
Qu'on l'ait boire. i)our en dissimuler le fiel,
Dans une coupe en or aux bords sucrés de miel.
Ainsi, pour enseigner la nature des cboses,
C'est par des fables qu'il fallut dire les causes
Dont nos poètes, ces gracieux échansons,
Ojit doré l'amertume au miel de leurs chansons.
De là ces dieux sans nombre, et leur riante histoire
Chère au peuple, mais dont le mensonge est notoire
Pour les sages, d'esprit sagace et radieux.
Qu'il existe un Olympe aux multiformes dieux,
Crois-tu qu'ils y croyaient, si ce n'est en figure,
Pythagore, Thaïes, Heraclite, Épicure,
Et Socrate, et Platon, et tant d'autres encor,
Qui sous les fables, dont ils crevaient le décor.
Plus haut que tous ces dieux fictifs peuplant la terre.
Dans l'abîme du ciel ont bu l'eau du mystère?
JOIIANNÈS, se levant, se séparant d'eux et retournant vers le lit.
L'eau du mystère et du salut, celle oii boiront Les petits et les grands agenouillés en rond, L'^au qu'attendait le monde après sa vaine course, C'est du pied de la croix qu'en a jailli la source.
FLAMMEOLA, le rejoignant.
Sans doute, et j'en ai soif, oh ! soif, tu sais combien. Mais, en attendant l'eau chrétienne, il fallait bien Lui donner quelque chose à boire, au pauvre monde; \i
Et c'est à quoi servait l'autre source profonde ]^
Qui désaltère aussi les âmes : la beauté. Jl
ZïTHOi'HANÈS, qui a rejoint aussi Johannès.
Oui, voilà ce que nos poètes ont chanté.
Les dieux qu'ils inventaient n'en sont que les images;
Et c'est à la beauté qu'en eux on rend hommages.