ACTE PREMltU FLAMMEOLA, qui a goûté le gâteau
as très bon, ton gâteau!
Hein! Quoi! Pas bon, ceci!
ne pâte de somphe et de criste-marine étrie en pleine crème à la fliuir de farine, vec de l'huile vierge et du viti, du vin loi ue l'arlologanus brûle comme un autel, out parfumé d'anis, de cumin et de poivre ! h! la critique est dure! Et ce coup-là me navre.
FLAMMEOLA
ois navré; mais ce n'est pas bon.
CLACCCS, qui a goûté aussi el recrache.
Pouah !
ïYTUOPHA>Ès, même jeu, puis gravement.
Très mauvais.
BDELLv, tragique, 'aiil-il aller m'ouvrir les artères? J'y vais.
ZYTHOPUA.Nlis, le retenant.
<on, mon petit Bdolla, non. Le plus fort se trompe. Jais nous gardent les dieux qu'une erreur interrompe .a carrière de gloire où la palme l'attend! h\ prendras ta revanche. A ce propos, pourtant, Joulfre qu'on t'en inslruise. et sans que tu t'en blesses : Depuis peu, ton génie a comme des faiblesses.
UDELLA, indigné.
ZYT1101-UA>ÈS
Tiens! Flammeola ne mange presque pins.
r.'t'4 ta faute.
Ma faute!
ZÏTHOPHANÈS
Oui. Raisonne, et conclus.
Flatter le goût, bien! Là, je te proclame un maître. Mais l'exciter, ce goût, l'encourager, le mettre En éveil, malgré lui, voilà le fin du fin; Et tu ne le sais pas, puisqu'elle n'a plus faim.
.le suis troublé.
ZYTHOPHANÈS
C'est grave, en effet. Autre chose!
Tes plats, même excellents, dis-moi pour quelle cause Ils ne nous donnent pas, comme à toi, la santé, La sereine rondeur d'un corps bien sustenté, Le sang épanoui qui sous ta peau rougeoie. Et cette face en fleurs dans un soleil de joie.
Pour quelle cause? Oli! simple. Elle tient en ce point. Que je vous fais des plats dont je ne mange point. Car, si nul, mieux que moi, ne combine et n'invente Aux arcanes de la culinaison savante, Nul n'y puise aussi peu pour son propre agrément; Et Bdella, l'empereur des cuisiniers vraiment. Le Phœbus dos fourneaux, Jupiter de la table, Ne fait chère à son gré, suave et profitable, Qu'avec du pain, du vin, et son pot jusqu'au ras Plein de cubes de lard fumant dans des choux gras.
ZYTHOPHANÈS
Ce ventre est la sagesse en personne. Ce ventre.
Tous mes vœux vont l'avoir pour but, mes goûts pour centre.
Au régime qu'il suit je me mets désormais.
Adieu, les plats savants, mets, surmets, entremets,
Poissons de tous les flots, chairs de toutes les terres,
Langues de rossignols et de phénicoptères,
I ACTE PREMIEr. ^
lïollusques rares, jus, garum, coulis, extraits, >a cuisine grand art, la cuisine à secrets ! 'oici le vrai mangeur qui mange et que j'imite, e connaîtrai ta joie, ô petite marmite. ;t puisque c'est Bdella qui me la révéla, lusiciens, un air en honneur de Bdella !
Les arrêtant du geste.
lieux! Afin de panser la blessure qu'ont faite ios critiques à son orgueil, mettons en fête e noble cœur peiné par un injuste afTront; )t, ce miroir au poing, cette couronne au front,
Il lui met au poing le miroir d'argent de Flammeola et au front sa propre couronne.
'our qu'en triomphateur lui-même il se contemple, lenez pompeusement le dieu jusqu'à son temple.
Aux musiciens.
'ous, devant! Allez!
Les musiciens jouent et marchent. A Bdella.
Suis. .
BDELLA, modeste.
Non, c'est trop.
ZTTHOPHAXÈS
Mais si.
BDELLA, encore plus modeste, mais se mettant en marclio.
Oh!
ZYTHOPIIANÈS, à Cappadox, aux esclaves et au.x servanti-?.
livez, tous! Et criez : « lo, triompe! »
TOVS, formant cortège derrière Bdella.
lo!
! Triompe!
ZYTHOPHANÈS, à Glaucus qui rit.
Et toi, va donc, au lieu de rire!
n poème tout fait! Cours le voir, ])oiu" l'écrire.
10 LA MART\f.E
GLAUCCS
C'est vrai I
H court rejoindre le cortège qui a disparu.