‹ Théâtre espagnol contemporainChapitre 2 sur 17 · XL · texte numérisé non relu

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réveiller, serait-ce même au moyen du scandale. Puis le romanticisme, se répétant avec monotonie, il a fait dormir aussi. Le sentimentalisme conventionnel Ta rendu lourd. Les auteurs, par exagération du lyrisme théâtral, avaient oublié que du cœur émanent des sources abondantes de sentiment et de poésie dans ses tristesses naturelles. »

Les pièces de Nuhez de Arce, celles qu'il a fait seul ne donnent lieu à aucune théorie particulière. Elles appartiennent à ce genre de haute comédie qu'on pourrait appeler de réalisme urbain et éthique, ou moralisateur, ou comédie alarconnienne. L'intention morale est directe, trop directe peutêtre; elle ne se manifeste pas seulement par le développement et le résultat de Taction, mais encore par les réflexions mises dans la bouche des personnages.

Don José Echegaray est la révolution faite homme. La révolution de septembre le lança d'abord à la vie politique.

puis à la vie littéraire. Avec les combustibles qu'il lira de la révolution, il a mis en flammes la scène espagnole. L'incendie continue et, comme il arrive ordinairement, avec tout ce qui est caduc et vermoulu, brûle, en même temps, ce qui est sain et qui a de la valeur. J'ignore quand s'éteindra le feu. En âme et conscience, je crois que le jour où cela arrivera, on devra s'étonner de la chaleur intense et de la lumière offuscante d'Echegaray, en même temps qu'on lui demandera un compte rigoureux des dégâts que ses flammes ont produits.

C'est en ces termes que s'exprime Luis Alfonso, le biographe d'Echegaray, dont l'art dramatique a, dit-il, pour mission de réaliser la beauté dans toutes ses manifestations, tant morales que physiques, d'Echegaray, qui a créé un an dramatique lui appartenant en propre, bien que pétri avec le romanticisme du Duc de Rivas et de Dumas père et le lyrisme de Lopc, Caldéron, Rojas;art qui a jailli sur la scène, à une époque

OÙ les courants étaient faibles et plus ou moins endigués.

Tel est, d'une manière générale, le résumé des doctrines et théories théâtrales contenues dans les biographies des deux volumes des auteurs dramatiques contemporains. Il servira, je Tespère du moins, au lecteur, pour mieux apprécier le savant prologue de M. Canovas del Castillo.

Une chose frappe, quand on considère l'origine de ces quatorze auteurs qui se sont illustrés par des œuvres dramatiques. C'est de voir comment, dans cette société espagnole, que nous nous figurons si aristocratique, des fils d'employés de finances, de vétérans de la marine royale, de menuisiers, d'acteurs et d'autres, issus de parents d'humble condition, sont arrivés, par les lettres, non seulement aux divers emplois de l'administration gouvernementale, mais encore aux plus hauts postes de l'État, directeurs de tous ordres, académiciens de tous rangs , conseillers

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