‹ Théâtre espagnolChapitre 119 sur 405 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

DON ÉLEl'TÉRIO.

Oh ! je vole !

(Il sort.)

DONA MARIQl'lTA.

Quelle agitation! que d’allées et de venues! Il ne tient pas en place, le pauvre homme.

DOSA AGUSTINA.

Toutes ces démarches sont nécessaires, ma fdle; et si votre frère n’avait pas montré autant de diligence, s’il n’avait pas remué ciel et terre, il serait resté là avec sa comédie sur les bras , et son travail dépensé en pure perte.

DOSA MARIQUTA.

Mais qui sait ce qui peut advenir encore, ma sœur? Le plus positif, c’est que je suis sur des charbons ardents; car, grand Dieu! s’ils allaient siffler la pièce, je crois que ma tète s’égarerait.

DON A AGI’STINA.

Mais pourquoi la siffleraient-ils, pécore? Ah ! vraiment, il faut être d’une bêtise, il faut avoir l’esprit tellement obtus...

DONA MAR1QIIITA.

Et après, ma sœur? Vous êtes toujours à me répéter ces choses-là. Sur mon honneur, il y a des 's fois... Hélas! don Hermogène, vous ne pouvez pas vous figurer combien je brûle de voir toutes ces affaires terminées, combien je souhaite de pouvoir enfin manger un morceau de pain en paix dans ma maison, sans avoir à dévorer un tas de mauvaises querelles. -

LION HERMOGÈNE

Ce n’est pas le morceau de pain , c’est cet adorable morceau de paradis qui fait haleter mon cœur, jusqu’à ce qu’enfin se réalise cet hymen qui me coûte tant de soupirs.

DONA MARIQUTA.

Des soupirs! Ils sont jolis vos soupirs! A qui ferez-vous croire qu’ils sont de bon aloi ?

DO» HERMOCÈNE.

Mais, je vous le demande, qui donc aime avec une ardeur comparable à la mienne? Est-ce que jamais ni Pyrame, ni Marc-Antoine, ni les Ptolémées d’Égypte, ni tous les Séleucides réunis de l'Assyrie, ont nourri une flamme pareille à celle qui embrase tout mon être ?

DONA AGCST1NA.

O la délicieuse hyperbole! Bravo, bravo! Mais réponds-lui donc, butorde !

DONA MARIQIITA.

Que voulez-vous que je réponde, madame, quand je n’ai pas compris une seule syllabe de ce baragouinage ?

DONA AGtISTINA.

Ma parole d’honneur, vous êtes désespérante!

DONA MARJQCITA.

Je ne suis que logique, ma sœur. Est-ce que je m’inquiète, moi, de toute cette kyrielle de messieurs qu’il vient de me nommer, lorsque, ne vous en déplaise, il serait bien plus simple de me dire : « Mariquita, je désire vivement notre union. Aussi,

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