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XVI INTRODUCTION

Son premier ouvrage, ses vers sur la Mort dp. Carlo Imbonati, marqués au coin d'une certaine austérité stoïque, préparait les Hymnes sacrés qui marquent de plus en plus l'unité de sa vie morale. Ils portent la date de 1813, et on se demande comment, dans sa vie solitaire et pieuse, il ne songea point à compléter ce livre lyrique. Avait-il déjà donné toute sa pensée à cette réforme du théâtre qu'il méditait, à cette création d'une scène nationale et d'un drame historique où il n'a fait que deux pas, pas de géants si l'on veut, mais condamnés à rester une tentative isolée et qui ne devait pas trouver après lui d'imitateurs qui aient marqué.

Son coup d'essai fut le Comte de Carmagnola, qu'il commença dès 181 G et qu'il ne devait achever qu'en 1819, et en France, dans un second voyage qu'il y fit, et sous les yeux de Fauriel, auquel il dédia son œuvre et qui ne tarda pas à la traduire.

Ce puissant essai, pour lequel le poète ne parait pas avoir recherché le tumulte et la popularité de la scène, fit cependant assez de bruit pour que l'écho en allât jusqu'à Goethe qui daigna en dire toute sa pensée. Mais avant que le demi-dieu prît la parole, du haut de son Olympe de Weimar, la critique, en France et en Angleterre, s'était émue de tant de hardiesse. Les plus distingués à cette époque n'avaient pas encore la liberté d'esprit que Fauriel ne craignit pas de montrer. Seule, chez nous, Mme de Staël eût osé, avec Fauriel, élever la voix en faveur du téméraire; mais depuis deux ans elle n'était plus. M. Raynouard, dans le Journal des savants (et en 1824!), loua dans le Comte de Carmagnola « l'expression des sentiments, l'éclat et la vérité de la couleur historique; » mais il se demandait ensuite avec doute « si les beautés de cette tragédie étaient le résultat de la violation des règles classiques, ou si elles existaient malgré cette violation. » Pour l'auteur des Templiers, la question ne pouvait se poser que sur cette base étroite, et on sait d'avance dans quel sens il la devait résoudre.

M. Auguste Trognon, qui avait aussi traduit le Comte de Carmagnola pour la Collection des théâtres étrangers, le loua « pour la hauteur de la conception dans l'ensemble et

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