‹ Théâtre et poésiesChapitre 189 sur 221 · Antich. It. Diss · texte numérisé non relu

Antich. It. Diss

affirmé par lui comme un fait du vnc ou du vmc siècle, affirmé contre l'usage de ce soigneux écrivain, sans documents, et comme une simple conséquence du principe arbitraire de l'unité.

Le second exemple nous est fourni par Muratori dans sa vingt-sixième dissertation , où , après avoir montré , par les lois des Lombards , quel petit nombre , parmi les hommes aptes à porter les armes, était exempt de se rendre à l'armée, il se pose entre autres cette difficulté : « Mais qui avait-on pour cultiver les campagnes? Que si « l'Italie alors avait été aussi peuplée qu'elle l'est aujour- <( d'hui, une si grande multitude dans un camp n'eût pas « manqué d'y porter plus de confusion et de dommage « que de profit. » Ces difficultés viennent de la supposition que tous les habitants de l'Italie étaient enrôlés dans l'armée conquérante. Mais cette supposition , où Ta-t-on prise? Qui a dit à ce bon Muratori que les Lombards avaient discipliné les vaincus , en avaient fait des cavaliers, les avaient mêlés dans leurs rangs? en a-t-il trouvé quelque trace dans leur histoire ? et si, au contraire, il se fût arrêté à cette pensée que les vaincus pouvaient cultiver les campagnes , n'échappait-il pas à la fois à cette double difficulté : les campagnes désertes , et la multitude trop nombreuse dans les camps.

De ce qui a été dit jusqu'à présent , on peut hardiment! conclure (ce qui certes est peu de chose) que l'opinion del l'unité politique des Romains et des Lombards , avant lai conquête des Francs, est tout à fait arbitraire, et ne laisse] aucune voie pour rechercher et connaître les véritables re-| lations qui ont existé entre les deux peuples.

Mais quelles étaient ces relations?

Jci devrait commencer l'histoire positive, l'histoirel vraie, l'histoire importante ; ici on sent bien vite que) lai découverte de cette erreur est moins u-ne connaissance! réelle qu'une source de curiosité pour ceux qui aiment, dans l'histoire, à considérer les divers développements ei les métamorphoses de la nature humaine, suivant la marcher de la société, de cet état si naturel à l'homme et si violent!

si obstinément voulu et si plein de douleurs, qui éveille tant d'idées dont il rend l'accomplissement impossible, qui supporte tous les maux et tous les remèdes plutôt que de s'arrêter un moment; de cet état qui est un mystère, un abîme de contradictions , où l'esprit se perd , s'il ne l'envisage comme un état de préparation à une autre existence.

Une fois le fait admis de la distinction des deux peuples, mille questions se présentent ; nous en indiquerons ici quelques-unes pour montrer l'importance de ce que l'on ignore encore, prenant soin toutefois d'avertir en commençant que nous ne sommes pas en mesure d'en résoudre une seule.

Quel était, pendant les deux siècles de la domination lombarde, l'état politique de la masse des Italiens, certainement supérieurs en nombre et de beaucoup à la nation conquérante? Étaient-ils, comme le dit Maffei1, réellement esclaves ? Mais alors dans quelle mesure? Avaient-ils une représentation quelconque, un moyen de communiquer de peuple sujet à peuple maître, de traiter avec les principaux de ce peuple ou avec le roi? Existait-il une institution qui protégeât la vie et les propriétés des indigènes, et laquelle? Quelles étaient les bornes et les conditions de leur asservissement aux vainqueurs? Les Lombards se regardaient-ils comme les héritiers de l'autorité que les empereurs grecs avaient exercée sur les peuples de l'Italie? Conservèrent-ils cette autorité dans ses formes et dans ses limites ? A quelles mains la confièrent-ils ? Ou bien cette autorité cessa-t-elle , et , dans ce cas , quel fut le nouveau mode d'action et de répression dont ils usèrent envers ces peuples, ou, si Ton veut, cette multitude? Nous savons bien ou mal, peu ou beaucoup, quelles étaient les attributions des rois, des ducs, des juges lombards dans leurs rapports avec leur propre nation; mais qu'étaient tous ces chefs de la conquête dans leurs rapports avec les Italiens , parmi lesquels, sur lesquels ils vivaient?

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