Leg. Barbar., t. IV, p. 46 i
d'authenticité qu'il peut avoir et de la partie du pays où il fut en vigueur1. Il contient d'ailleurs des prescriptions qui assurément n'avaient pas force de loi à l'époque dont nous parlons, celle, entre autres, qui défend sous peine de mort le mariage entre un barbare et une Romaine, et réciproquement2. Qu'un barbare pût encourir la peine de mort en vertu d'une loi romaine, c'est une supposition indigne de foi, et même de tout examen; sans parler delà loi de Luitprand qui traite des effets des mariages entre un Romain et une Lombarde3. Un autre titre contient des prescriptions pour les mariages des sénateurs4. Celui-là, certes, ferait une belle découverte, qui trouverait des sénateurs dans les contrées de l'Italie possédées par les Lombards.
Deux choses dans ce Code nous paraissent mériter une attention particulière : l'une, c'est qu'il n'y a point de textes de loi romaine, mais d'obscures interprétations; et encore sont- elles disposées dans un ordre peu rationnel, présentées au hasard, mutilées, défectueuses, tronquées dans les choses les plus essentielles, et en même temps toutes pleines de superfluités : de sorte que, pour comprendre qu'un peuple se gouvernât suivant ces lois, il le faut supposer dans un état complet d'anarchie. L'autre chose à relever, ce sont les termes barbares, de signification importante et légale, lesquels prouvent que même la partie conservée de la loi romaine a été altérée et modifiée par le contact de la domination barbare. Dans la préface placée au-devant de ce code par le premier éditeur, on en apporte plusieurs exemples, et nombre d'autres s'en peuvent remarquer dans le code lui-même. Le fredo, entre autres, y est nommé comme étant une coutume5.
1. Voyez la docte et sage préface placée en tête de ce Code dans la collection.
2. Nullus Romanus Barbaram cujuslibet gentis uxorem habere presu- . mat , nec Barbarus Romanam sibi in conjugio habere présumât; quod
si fecerint , c*pitalem sententiam feriantur (sic). — Lib. III , cap. 14, pag. 479.
3. Si Romanus homo mulierem Langobardam tulerit, etc. — Luitpr, Leg., lib. VI, 74.