‹ Théâtre et poésiesChapitre 195 sur 221 · Antich. Dissert · texte numérisé non relu

Antich. Dissert

raine de la domination lombarde, se rencontraient ces étonnantes paroles, les juges romains, ce serait un fait à approfondir, une anomalie à expliquer1; mais ce n'est pas là un fait qu'on puisse supposer sans aucune donnée, et tirer, simplement par induction, de la diversité des lois; ce n'est pas un fait qu'il faille supposer, en particulier, sous une domination qui, plus que toute autre, semble avoir pris à tàcbe de ravir aux vaincus jusqu'à l'ombre d'une existence politique. Un autre écrivain, plus moderne encore, a cru que Muratori s'était trompé en affirmant que les comtes avaient l'office de juges; et il a cru prouver Terreur en prouvant que la charge de comte avait des attributions politiques et militaires2. Comme si, dans la manière de voir des Lombards, elles étaient incompatibles avec des attributions judiciaires; comme si, au contraire, les unes et les autres n'étaient pas, à leurs yeux, étroitement liées et confondues dans l'idée de souveraineté aristocratique et nationale.

L'erreur de cet écrivain est provenue d'une source féconde en erreurs, déjà signalée, mais trop souvent en vain, de Yico. Rapporter ici ses magnifiques paroles, c'est sortir un moment de la suite du raisonnement; mais quel lecteur songerait à nous en faire un reproche?

ce C'est un autre caractère de l'esprit humain, que, s'il « ne peut se faire aucune idée des choses lointaines et « inconnues , il les juge d'après les choses connues et « présentes3.

a Cet axiome est la source inépuisable des erreurs où « sont tombés toutes les nations, tous les savants, au suo jet des commencements de Y humanité; les premières

1. On la trouve dans le préambule des lois des Bourguignons, lois dignes d'une attention particulière pour leur singulière tendance à établir l'égalité entre les conquérants et les indigènes.

Page 1