‹ Théâtre et poésiesChapitre 196 sur 221 · Ant. Long. Mil. Diss. I, p · texte numérisé non relu

Ant. Long. Mil. Diss. I, p

3. Science nouvelle. Liv. I, page 86, de l'édition de Milan, 1801, et dans la belle traduction de M. Michelel, tom. I , pag. 3 3 6, de l'édition de 4 835. C'est à cette dernière traduction que nous avons emprunté le passage cité ici par Manzoni, heureux de saisir une nouvelle occasion de rendre hommage à notre ancien maître. (N. du Trad.)

(( s'étant mises à observer, les seconds à raisonner sur ce « sujet et dans des siècles d'une brillante civilisation, ils « n'ont pas manqué de juger d'après leur temps des pre- (( miers âges de l'humanité, qui, naturellement, ne de- « vaient être que grossièreté, faiblesse, obscurité. »

Bien qu'à dire vrai l'opinion de l'auteur des Antiquités lombar do-milanaises ne soit pas même fondée sur ce qui avait lieu dans son temps, elle l'est à peine sur l'idée que Ton avait de ce qui aurait dû être : le pays même où l'auteur écrivait, ce pays où sur la domination barbare avaient passé les républiques des siècles postérieurs, gardait encore une trace de cette première coutume du moyen âge dans ces prétures féodales, où le comte, le chevalier conservaient en titre l'autorité judiciaire, et la déléguaient pour être exercée en leur nom.

L'idée barbare de l'union des deux pouvoirs se retrouve, exprimée dans une formule remarquable d'une constitution de Clo taire Ier, roi des Francs -.'pourvoie le courage de tous les juges1. Le compilateur, d'ailleurs si instruit, des antiquités franques, a traduit ainsi cette formule : tous nos juges auront soin2. Il a fait parler Clotaire Ier comme Louis XV. Nouvel exemple de cette habitude, presque générale chez les modernes, de mesurer les choses anciennes sur celles de leur temps, et de leur ôter ainsi ce qu'elles ont de plus caractéristique et de plus instructif.

Mais, pour en finir avec les juges, c'est peu de ne pas s'égarer jusqu'à admettre ou que les Italiens avaient, sous les Lombards, !des grades dans l'armée, ou qu'ils étaient regardés comme indépendants de leur juridiction souveraine (suppositions également prodigieuses), si l'on ne reste convaincu que les juges étaient tous de la nation conquérante. Les preuves matérielles nous manquent: niais, réduits que nous sommes à des arguments d'induction et aux conjectures, pourquoi ne pas nous en tenir à la seule qui soit en harmonie avec tout ce qu'on sait de la

1. Provideat ergo strenuitas universorum judicum. — Rer. Franc, t. IV, p. 1, 6.

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