Epist. Greg. ad Car. Mart. in Cod. Car
lorsque Astolphc, peu de temps après avoir conclu une trêve de quarante années, attaque Rome, signifie à ses habitants qu'ils aient à se reconnaître ses tributaires, et finalement menace les Romains de les passer tous au fil de l'épée, s'ils ne se soumettent à la domination lombarde1.
Après la double fuite et les promesses réitérées d'Astolphe, et la donation de Pépin, les réclamations des papes aux Francs roulent sur la lenteur des Lombards à évacuer les terres données par Pépin, et en même temps sur de nouvelles incursions de ces barbares dans le territoire romain. Dans les premières plaintes, beaucoup ne voient qu'un ambitieux ressentiment des papes, et leur reprochent d'avoir remué ciel et terre dans Tunique intérêt de leur cause. Pour nous, et nous l'avons déjà dit, il nous est impossible de regarder comme une cause privée une contestation où il s'agissait de savoir si toute une population serait abandonnée aux Lombards comme leur conquête, ou échapperait à leur joug. Les calamités horribles de ces expéditions continuelles n'étaient pas, certes, une souffrance particulière des papes, et ce n'était pas pour lui seul que priait Paul Ier quand il implorait le secours de Pépin contre les Lombards, qui, en passant par les villes de la Pentapole, y avaient porté le fer et la flamme2; ni Adrien, quand les Lombards saccageaient, brûlaient, massacraient sur les territoires de Sinigaglia, d'Urbin, et de beaucoup d'autres villes romaines ; lorsque, assaillant à l'improviste les habitants de Blera, paisiblement occupés à moissonner, ils égorgèrent tous les principaux habitants, entraînèrent un grand butin d'hommes et de troupeaux,, et mirent le reste à feu et à sang3.
Si l'on veut plus de faits, on les trouvera dans les lettres des papes et dans leurs vies. Nous en avons cité ce petit nombre comme exemple, et le dernier nous paraît mériter une attention particulière, à cause de ce massacre des premiers citoyens, qui est une répétition de ce que les Lombards
1. Ànast. Rer. II. t. III, p. 166, et les lettres d'Etienne, Cod. car.