SUR LA MORT DE CARLO IMBONATI
VERS A GIULIA BECCARIÀ2
Si plus que la sainte fureur d'Euterpe et le soupir d'Erato, ô ma douce mère, le fin sourire de Thalie m'enchante, ce n'est pas que je suive le conseil d'un esprit malin; et je ne voudrais pas remuer la fange impure de mon siècle dépravé, si je voyais sur la terre un rayon de vertu auquel consacrer mes chants. Ainsi je te parlais souvent; mais depuis que, soupirant, comme on fait pour ce que Ton a aimé et perdu, je t'ai entendue raconter de quelles vertus s'était fait un temple le chaste cœur de celui que tu pleures : — Fau-
1 . Si l'on en croyait le dernier éditeur de Florence, Manzoni, après avoir longtemps laissé imprimer ce morceau et le suivant dans le recueil de ses poésies, aurait fini par les en retrancher, les regardant sans doute comme indignes des autres ou trop différents de ton. Moins sévère que le poète, nous les maintenons dans notre traduction, et pour le mérite que nous aimons à y reconnaître, et parce qu'ils ont servi, le premier surtout, à éclairer d'une certaine lumière les premières impressions morales du poète. (N. du Tr.) ' —