SCÈNE V ANTONIETTA, MATHILDE, GONZAGA, LE COMTE
ANTONIETTA
Mon époux!
MATHILDE
Oh ! mon père !
ANTONIETTA
C'est ainsi que tu nous reviens? C'est là ce moment si désiré?...
LE COMTE
O infortunées! le ciel sait si je le redoute pour d'autres que pour vous. Il y a longtemps que je suis accoutumé à voir la mort en face et à l'attendre. Ah! ce n'est que pour vous que j'ai besoin de courage; et vous, — vous ne voudrez point me Pôter, n'est-ce pas? Lorsque Dieu fait tomber le malheur sur les bons, il leur donne aussi la force de le soutenir. Ah ! que la vôtre scit égale à votre infortune! Jouissons de ce dernier embrassement : c'est encore un don du ciel. Tu pleures, ma fille? et toi aussi, chère épouse? Ah! quand je te fis mienne, tes jours sereins coulaient en paix. — Je t'associai à une triste destinée : cette pensée m'empoisonne la mort. Ah! ne me laisse pas voir à quel point tu es par moi malheureuse !
ANTONIETTA
O toi, l'époux de mes beaux jours, toi à qui je les dus; lis dans mon cœur : j'expire de douleur, et cependant je ne puis désirer de n'être point à toi.