SCENE X
DERRIERES, puis CRAVACHON, puis AMELIE.
DERviÈRES, la regardant sortir.
Et j'userai de la permission, je vous prie de le croire... Quelle bonne petite nature : franche, naïve, aimante... .Te l'ai bien un peu trompée... mais je me corrigerai... c'est décidé, plus de querelles, plus d'affaires d'honneur... Je veux rivaliser de douceur nvoc le papa Cravachon, qui doit être, d'après les principes qu'il a donnés à sa fil'e, l'invalide le plus pacifique... On le dit un peu original... j'éviterai de le froisser...
AIR : de Julie.
pour enjôler ce père de famille,
Adoptons des mœurs de couvent,
Je ferais des travaux d'aiguille.
Je consens mémo à jouer au volant...
Pour ta douceur, beau-père, on te renomme,
De patience, eh bien ! faisons assaut :
Pour épouser ta fille, s'il le faut,
J'oublierais que je suis un homme.
(Parlé.) Ah ! le voici !
CRAV.\CHON, entrant sans voir Dervières, une lettre
à la main, à part.
Les poltrons !... ils ont arrangé l'affaire... et maintenant ils déjeunent... N'ont-ils pas eu le front de m'inviter !... « Messieurs, je ne déjeune jamais entre mes repas. »
DERVIÈRES, à part.
Il a l'air bon diable ! mais il ne me voit pas... (Toussant.) Hum ! hum !
CRAv.\CH0x, l'apercevant.
Hein ?
DERVIÈRES, saluant.
Monsieur...
CRAV.\CH0N.
Vous êtes enrhumé.
Nullement.
Que voulez-vous ?
DERVIERES.
CRAVACHON.