SCÈNE IV
LA COMTESSE, puU COQUEREL.
LA COMTESSE
Voilà une belle-mère charmante!.... et pour son réveil de noces, ce pauvre Coquerel va avoir une scène!... Enfin et malgré la lettre de cachet, il est revenu hier soir chez lui, près de sa femme!... c'est Tessentiel ; et maintenant il faut, sans me faire connaître, empêcher M. le comte... Dieu!... que vois-je?
COQUEREL, paraissant à la porte du fond, pAle, en désordre et se ioiil«iiant à peine; il s*arrète un instant, puis entre rapidement et sans voir la cbntesie qui reste derrière lui.)
Qu'elle nuit!... quel voyage!... Je suis entré par le grand
esclljfir, ii*osant pJAsrier par la boutique.', do p€ur qu'on no ine vît; car. à cetli' liciu'e-cL.. (s'appratijaui de l'é^ttBlîfrr.j J'enlemls parler!.*, toutes ces demoiselles y sont.., et avant qu'on ini soit ile nouveau sur mes traces, prenons de Targent et partons ; car i! me restait pour fuir à Fétra^iger un petit écu î (Apefœirajit u comie&sfl.) Dieu! l'on m'a tu... Qui va là.., d'où venea-vousî
LA COMIESSB,
De Gisors,.*
COQUEftEL^ Ifll siutBiïi au ooo.
Ah! Dorothée! ma chère Dorothdeî... c'est vous que* m*en voie ma tante Mignonette ! Mah soient le ciel et la diligence qui vous amènent !
LA COMTESSE j »« dé^geanl de i«i ht^E.
Prenez donc garde... une pareille manière de faire connaisganee.
COQtenEL.
Que vonles-vous?... c'est le malheur, le malheur qui rapproche la distance, et ma fait perdre la lête„. depuis hier soir.,, quand j'ai vu M. le comte entrer dans celte chambre,,, dans la chambre jaune.,, au moment même où ce scélérat d'exempt m*entraînaitj il m*a pris comme un vertige.., un délire,*. Je ne pensais plus qu'à ma femme... car je suiii marié, Dorothée... murië depuis hier... Je n'ai pas eu le terapi de vous en l'aire part.
LA COMTESSK, TeigiLUil U turprUd. p
Marié?
COQUEKEL,
Quand je dis marie 1... c'est une manière de parler... Tant il y a, Dorothée^, qu'ils m'emmenaient... et cette fois, impo^ sible de me sauver... ce n*esl qu'au pont de Saint-Cloud, au moment où nous traversions la Seine,., une fièvre chaude,., une idée... et encore une idée-., je ne sai^î pas si j'en avaifi dan^ ce moment; mais je me suis précipité...
LA CO}itËSSSj Bffrmii^
Par désespoir i...
C0Qt7ER£U
Par-dessus le pont. 11 est vrai que nous sommes au mois jûtj et que fm- malhciu* je sais nager; aussi j lorsque j'ai
là*., lenvie de périr m'a passé tout de switA.i... c'est élon-
îiiîit eooinie ça s'en va vite.,, mais j'avais dépisté mes algua-
zils, qui m'auront cru mort. J'ai abordé près du bois de Boulogne, à LongchampSy où je me suis promené en amateur; ce qui m'a séché et a empêché la fluxion de poitrine... Voilà, Dorothée, comment j'ai passé la nuit de mes noces.
LA COMTESSE
Pauvre garçon!...
COOUEREL.
Ce n'est rien encore, et je suis bien heureux de trouver une amie... une personne de confiance... Je vais vous remettre mes notes, mes instructions, et vous placer à la tête de ma maison en mon absence; car moi, je pars... je devrais être parti! (a demi Toix.) La Bastille, ma chère amie!... la Bastille qui me poursuit...
LA COMTESSE
U y a peut-être des moyens de vous en préserver.
COQUEREL
Je m'étais marié pour ça... et tout a tourné contre moi. Il y a de quoi rendre misanthrope... et je suis, Dorothée, le plus infortuné des maris et des confiseurs.
LA COMTESSE
Quoi!... vous pouvez croire que votre femme...
COQUEREL
M'a trahi indignement...
LA COMTESSE
Allons donc!...
Je l'ai vu!...
LA COMTESSE
Ce n'est pas possible!
COQUEREL
le l'ai vu!...
LA COMTESSE
Vous VOUS êtes trompé!...
COQUEREL
Ah! Dorothée!... vous venez bien de chez ma tante Migmv nette; car voilà déjà que vous m'impatientez comme elle!... Quand un mari vous dit qu'il a des preuves... qu'il a vu de aes yeux...
LA COMTESSE
Ce n'est pas une raison... Silence !... on vient!