SCÈNE III
Les mêmes, GÂTARINA, entrant par la gauche et paraissant 'au milieu d'^ix.
Arrêtez!...
DON HENRIQUE, jetant les yeux sur elle.
Ah! qu'elle est belle!
REROLLEDO, courant à elle.
Catarina! c'est elle!
TOUS, à demi voix» respectueusement et ôtant leurs chapeaux.
La Catarina!
CÀTÀBINA.
AIR
Oui, c'est moij c'est votre compagne.
Dont le nom seul vous protégea! Car la reine de la montagne^ C*est moi, c'est la Catarina:
Par le mystère et par la crainte, Qqi partout impose la loi?
C'est moi!
Qu'elle est la fée ou bien la sainte Que Ton invoque avec effroi?
G*est moi!
Qui^ c'est moi, c'est votre compagnie Dont le nom est, etc.
Cette main, dont Tempire
Éloigne le péril.
Ne punit que le sbire,
L*archer ou ralguazil...
Mais le soir et dans l'ombre,
Jeune fille aux beaux yeux,
Qui dans la forôt sombre
Venez seule, ou bien deux.
Passez sans peur, couple amoureuxl
Et soudain...
Le villageois ou sa compagne M'adresse un 4v^ Itfaria, Car la sainte de la montagne^ C'est la santa Catarlna!
CHOEUR
Oui, la reine de la montagne^ C'est la belle Catarina!
CATARINA
Oui, la reine de la montagne.
C'est moi, c'est la Catarina!
CATARINA, à don Henrique.
Apprepds-nous comment on te nomme?
DON HENRIQUE
Don Henrique de Sandoval, Marquis de Sauta-Crux!
CATARINA
Un noble et beau jeune homme.
Depuis six ans absent, je crois, du Portugal?
AqiE I, sctm m. a7l
DON HENBIQUE, étonné.
Quoi! tu sais?
CATARINA^ firoidement.
Je sais tout... Pour former ta jeunesse.
Tes illustres parents t'avaient fait voyager!...
Et tu reviens^ dit-cm^ de Tétranger^ Après avoir appris...
DON HENRIQUE
Tout!
CATARlIfA.
Hormis la sagesse!
DON HENRIQUE
Qui te l'a dit?
CATARINA
Pour preuve je n'en veux Que ta présence dans ces lieux.
Gomment t'y trouves-tu?...
Par hasard, je le jure!
Maintenant, j'y viendrais exprès!
REBOLLEDO.
Sur lui, voici notre capture; Des lettres, de i'or, des portraits.
CATARINA, souriant.
De femmes, je présume!... ah! je serai discrète. Qu'on les lui rende, aussi bien que son or !
DON HENRIQUE, étonné.
D'honneur, je n'y puis croire encor !
CATARINA, à ReboUedo.
Les lettres, nous lirons à loisir!
REBOLLEDO.
de que nous voulons, c'est sa tète.
CATARINA, souriant.
Franchement, Crois-tu qu'elle en vaille la peine?
DON HENRIQUE, avec oolère.
Ah! ce doute outrageant!...
CATARINA, i ReboUedo.
Que te disais-je? Il se fâche, à présent.
De ce qu'ion n'en veut pas...
(Gravement.) Ici qu'on le retienne
PeDdant deux ou trois mois^ prisonnier seulement^ Et nous verrons après...
DON HENRIQUE^ yiTement.
Deux ou trois mois!
REBOLLEDO.
Silence!
DON HEN|»QIIE*
Permette!^ je réclame...
REBOLLEDO.
Silence!
DON HENRIQDE^ à Citariiia. - Rien qu'un instant^ un instant d*audience
CATARINA
Soit!... et qu'il obéisse ensuite sur-le-champ! Laissez-nous!
FIN DE l'air.
Qu'ici le respect accompagne Les ordres que ma yoIx donna ; Car la reine de la montagne^ C'est moi^ c'est la Catarina!
DON HENRIQUE^ à part.
En honneur^ le respect me gagne^ Et me Yoilà soumis^ déjà; Car la reine de la montagne^ C'est la belle Catarina !