‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 279 sur 289 · ACTE III, SCÈNE Vï · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE Vï

REBOLLEDO.

Il paraîtrait que le duc de Pombal a reçu des sommes immenses du roi de Naples, et le marquis de Lautza de la cour d'Autriche.

LA REINE

Et le comte de Campo Mayor?

REBOLLEDO.

Lui seul n'est pas encore acheté.

LA REINE ^ ayec satisfactioo*

C'est bien!

REBOLLEDO.

On le marchande... Il a eu ce matin une audience secrète

avec un envoyé du roi d'Espagne... (Geste d'indignation de la reine.)

It moi qui me rappelle maintenant avoir entendu plus d*une fois dire à Votre Majesté que son rdre était d'être aimée pour elle-même.

LA REINE 9 loopirant.

Un rêve!... Tu dis vrai... est-ce qu'une reine est jamais aimée?... est-ce que je puis l'être?...

REBOLLEDO , graTement.

M'est-il permis de continuer mon rapport?

LA REINE

Sans doute!

REBOLLEDO.

Eh bien! j'ai découvert qu'ici^ à Lisbonne^ un noble Portugais avait l'audace d'adorer Votre Majesté, à en perdre la tête.

LA REINE, sonriaot.

En vérité!...

REBOLLEDO.

Et VOUS pouvez me croire!,., car ce noble cavalier est peu de mes amis , et m'aurait déjà fait pendre , sans la crainte de compromettre et inême de faire arrêter Votre Majesté*

LA REINE, avec émotion.

Ah! don Henrique!...

REBOLLEDO.

Lui-même!... une passion, un amour véritable...

LA REINE, de même.

C'est bien... Je l'éloignerai... ou plutôt, pour reconnaîti'e le dévouement dont il m'a donné tant de preuves, je le nom merai à quelque ambassade.

dM LES DIAMANTS P£ LA COURONNE.

REBOLLEDO9 lentemeat, et la regardant.

Peut-être mériterait-il mieux que celai...

LA REIKE y TiTement.

Tais-toi, tais-toi!... (Ayec dignité.) J'ai choisi Rebolledo le bohëmien pour m'adresser des rapports et non des coDfieils!... ce n'est pas quand tout un peuple a les yeux sur moi, au moment de monter sur le trône, qu'il faut écouter des rêves de jeunes fille ou des souvenirs romanesques et impossibles.».

EBBOLLEDO.

On peut tout, quand on est reine!

LA REINE

Si )e rétais!... Mais le conseil de régence! et tout ce peuple qui lui obéit...

RBBOLLSDO, B*incUoi]it.

C'est vrai... je conseillerai alors à Votre Majesté de redeve* nir la Gatarina.

U EVmB^ élonoéi, Et pourquoi?...

REBOLLEDO.

Elle y gagnerait en autorité ; car, alors, elle était msutresse chez elle... et, quand elle avait dit à Rebolledo, son ministre : J'entends et je veux!... les autres avaient beau murmurer! Rebolledo leur disait : Ce sera... car la Gatarina le veut!...

(ATee foroe.) Et c'était!..»

LA EBINE.

Silence!

REBOLLEDO, oontinuant.

C'était le bon temps!... mais, depuis que vous êtes redevenue reine> il paraît que ce sont les autres qui parlent comme la Gatarina.

LA BBINS^ lévèmnent, et le IsTtBt.

Rebolledo!...

REBOLLEDO.

Votre Majesté me paie pour lui dire la vérité... j'ai voulu gagnei* mes appointements.

LA REINE

C'est assez!... Laissez-moi!

REBOLLEDO, s'incline et dit à part, en sortant

C'est égal... Sa Majesté n'est pas fâchée!...

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