SCÈNE VII
Les précédents, COQUEREL.
coquerel.
Les quinze livres demandées seront prêtes dans un moment.
DUBOIS
Quinze livres !
COQUEREL
OÙ faudra-t-il les envoyer?
LK COMTE
k M. le comte de Goaslin^ en son hôtel.
COQUEREL
Quoi! j'ai eu l'honneiu* de servir et d'accommoder M. h comte de Goaslin... M. le comte me favoriserail de sa clieD-, tèle...
LE COMTE
Pourquoi pas?... vous m'avez l'air d'un garçon fort entendu... et madame Coquerel est-elle Jolie?
COQUEREL
Hélas! monsieur le comtc^ je ne suis pas encore^ comme on dit, dans les nœuds de l'hyménée !
LE COMTE
C'est dommage... il est aisé de voir à votre physionomie que vous feriez un excellent mari.
COQUEREL
C'est ce que tout le monde dit... et pourtant je suis toujouti garçon. Vous voyez un fidèle berger qui n'a pas de bergère... il ne manque que cela dans mon comptoir... car pour l'actlVil^ l'imagination et le talent... je veux que Monseigneur puisse en juger... voici un échantillon des chinois que je viens de composer pour lui... Qu'en dit Monseignem\.. (Ea offrant àDuboiii) et sa société?
LE coirrE.
C'est très-fin. . . très-délicat.
DUBOIS
Ça fond dans la bouche.
COQUEREL
C'est de mon invention... c'eiit parti de là; car avec m(H, c'cà toujours la tête qui travaille, et non pas les doigts; je suis le seul qui traite le chinois au mai-asquin, et j'ose me flatter que madame de Pompadour sera comme vous... elle sera contente de la corbeille que je lui ai adressée hier.
LE COMTE
Je le lui demanderai ! . . .
DUBOIS, qui s'était approché de la porte du fond, redescend le théâtre et élt
à demi voix au comte.
La belle Angélique vient de rentrer dans son magasin.
AGTEI^ SG£N£ YDI. i07
11 sufBt... Adieu, mon cher Coquerel, à bientôt... je vais faire une visite et je reviendrai peut-être moi-même emporter dans ma voiture ce que je vous ai demandé... j'ai des idées sur TOUS !
COQUEREL
Des idées!...
LE COMTE
Que justifient d'avance vos talents, et surtout votre heureuse figiu'e... Adieu, mou cher... adieu! (n sort ayec Dubois.)