ACTE III
Une salle du palais, trois larges portes aa fond ; quatre portes latérales, celles du premier plan sur pans coupés; ces dernières et celles du fond sont fermées par des tapisseries. A droite , une fenêtre et une table de toilette surmontée d'une glace; de l'autre côté une console atec une corbeille garnie de fleurs.
SGËNE PREMIÈRE.
LA REINË^ seule.
L'effroi que je combats de mon àme s^emparoj Je redoute le sort qui pour lui se prépare.
Le régent ne Tient pas... que va-t-il ordonner? Sera-t-U inflexible?
Pauwe Fernand, TonUils le condamner?
Oh! non, c'est impossible!
AIR
Hélas ! qui m'aimera!
Qui ne fUira La reine !
S'il perd pour son amour
Le jour; S'il doit^ pour me chérir.
Des lois subir La peine, S'il doit^ pour me chérir^ Mourir!
(On entend en dehors le chant d*im joyeux boléro.) Quel est ce bruit!
(courant & la fénâtre.
Ce sont de jeunes flUet Qui reviennent de la moisson^ Le vent m'apporte leur chanson.
Elles dansent joyeuses^ Oh! qu'elles sont heureuses!
On peut les aimer sans effroi^ Et moi! et moi!
^lJt chajit du boléro devient plus animé et se mêle à la plainte de U reine* Elle se tait, pour écouter; le bruit s'éloigne, s'affaiblit, puis cesse dans l'e-
s60 HE TOUCHEZ FÂ6 A LA HEINE.
loigutmcal. Lt raine l'eit approchfe de It feutre ctEHÎt dei jeui les jmnct nil«> qui luueiit. Lortqu'ells D'cutend plu> [imi. elle quitte la teièlre avee tgililiDO.?
Ciel tlo tea, beau del des Espagoes, Rayons dorés, parrums enlvraots de dos fleurEj
Air sauTage, air pur des-moatagnes.
Vous apportez la Tie et l'amour dans les cœuril Pauvre reine, triste et plaintive, Je suis seule, »eiile et captive I Je ne sais quels vagues désirs Font monter vers Dieu mes soupln.
Nul espoir ne me lient sourire, La Iristene «emplit mt cour; Je n'ai qu'uD tr4ne où je soupire.
Et Je ponrrtdt avoir le banbear et l'amonr.
Ciel de feu, beau ciel ûei Espagnee, Ba^ODs dores, parfums enivrants de nos fleurs,
Air sauvage, air pur des montagnes.
Vous apporte! la vie et l'amoar dans les eamn. '
scèHe II.