‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 147 sur 211 · ACTE III^ SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III^ SCÈNE III

ration magnifique; qu'il avait déjà revendu avec avantage une partie des terrains^ et qu'on lui offrait sur cet hôtel un bénéfice énorme... qu'il n'était pas éloigné de réaliser.

LÉOPOLD

Ah! l'ingrat! ce n'était qu'une spéculation! oui, à force d'embellissements et de richesses , tout s'est tellement défiguré, qu'il ne reste plus rien de l'humble cabaret... A la place de ces petits salons particuliers où l'on riait tant, s'élèvent des lambris dorés, sous lesquels peut-être on ne rit guère... dans ce jardin, salle à manger eu plein air, parsemé de bosquets et de tables à deux, je ne vois plus que des massifs solitaires, des fleurs rares et précieuses... rien n'est resté... rien!.. Si vraiment... le marronnier sous lequel nous dînions... je le reconnais c'est bien lui... au milieu du jardin... il est seulement plus âgé de vingt ans... et nous aussi!., plus beau! plus vert que jamais... tandis que nous... (se retournant

yers Cécile, qui' s'est levée et tient * lai.) PardoU, pardou, mOU enfant., parlons de toi... de ta mère, on vous traite bien ici?

CÉCILE

On a pour nous beaucoup de bonté, mais une bonté... qui vous froisse... Les riches ne se doutent pas de cela.

LÉOPOLD

C'est tout simple : ils n'ont pas l'habitude d'être pauvres!.. EtMalvina, comment est-elie pour toi?

CÉCILE

Très-bien; mais j'ose à peine rire devant elle.

AiB : Quand Vamour naquit à Cythêre,

Car sa rigueur est sans égale ; Pour la moindre erreur sans pitié, Elle parle toujours morale...

LÉOPOLD

Hélas!., elle a donc oublié!

CÉCILE, vivement.

Qua|.donc?

LÉOPOLD

Rien!..

(a part.

C'est à ne pas croire :

Dans les rôles qu'elle a tenus.

Actrice , elle eut tant de mémoire; Grande dame, elle n'en a plus.

m ànvai S*.

Et puia autre chose «ncore c^ui inquiète encore ma pauvre mère... nous sommes iei logées et uouiTies , c'est Irès^beau; mais j au milieu de TopuleDce^tout nous manque.

L£0P0LD^ à part.

Ociel!..

GÉcaK.

Autrefois elle recevait une petite pension de six à htdf cent^ fanes d'une main inconnue...

LÉOPOID.

Iffconnueî...

CËCI1.E.

C'est-à-dire elle a toujours soupçonné... M. de Bernftvilk, l'ancien ministre, aoû de son mari, ou peutrêtre siénie M. Du^' buisson qui en eaehette, de petur de sa femme.. ^ mais defntistrois mois... la pension a été suppriméir.^.

Je le crois bien ! les théâtres feriiiés ou ruines^ et^po«nr drott d'autenr, le droit de mourir de faim... Moi! cela «Hait encore; mais Hélène !.. connaître la gêne et le besoin !.. Héiène qiie j'aime plvs que moi-même... car on a bean 9*ëloign^ et vieillir, le malheur et le temps n'y hnt rien... (F^etimuMiK

entre ses dents.) .

Et yoD re^i6Qft toujours

A ses premiers. .^..

(Essuyant une larme et se retournaal ^N Cécile.) Il ne faut paS t'iu-

quiéter... Il ne faut pas pleurer, mon enfant-..

GËGILE.

Mais ce n'est pas loof! c'est voitsf

LÉOPOLi)', ri«nw

Du tout... cela va bien: cela ira encore ixôeux... si c'est possible... retourne vers ta mère^ annonce^lui mon arrivée et ma visite. Il faut d'abord que j« parle à Dubuisson.

Vous qui depuis tant d'années ne fous voyez plus!

J'ai trouvé dans ma mansarde un billet dé lui , qui attendait mon arrivée. Il a un service à me demander...

CÉCILE

A vous?..

LÉOPOLD

Cela t'étonne? et moi aussi... mais enfin... Je l'entends!

laisse-nous. (Céeile sort.)

Page 1