‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 149 sur 211 · S2Û AMITIÉ I · texte numérisé non relu

S2Û AMITIÉ I

DUBUISSON

C'est vrai!., aussi je te demande, mon pauvre ami, pourquoi^ k ton &ge, tu continues à faire des vaudevilles ?

LfiOPOLD^ sèchement.

Pour vivre.

' DUBUISSON

Ah! bah!..

LÉOPOLD

Jeune^ j'avais eu des succès : j'avais eu, comme tout le monde, quelques années de vogue dont j'avais profité pour mettre de côté deux cent mille francs qu'un ami, un banquier, s'était chargé de placer... Est-ce que tu u'as pas quelque idée décela?..

DUBUISSON, iTee embarras.

Si... si... je me rappelle.

LÉOPOLD

€et ami devait m'emmener avec lui dans le char de la fortune, il y est monté seul... et est parti sans me prévenir.

DUBUISSON

Ah! par exemple!..

LÉOPOLD

Tu n'en avais pas le temps, je le sais!., le char allait trop vite.. Quant à moi, qui rêvais encore mes anciens succès, vain espoir! le- moment était passé, la vogue aussi... Me vois-tu, à mesure que l'âge et les chagrins arrivaient, obligé de redoubler d'entrain et de gaieté? condamné à avoir de l'imagination et des pensées riantes quand l'inquiétude et le découragement... (se reprenant.) Enfin, il y a dc plus malheurcux que moi... je n'ai rien, mais... je ne dois rien ! et je rirais encore, je l'essaierais, du moins, si je n'étais, aujourd'hui même, forcé de me séparer du seul ami qui me reste... Madelon, ma domestique, que je ne peux plus payer... je lui ai écrit ce matin, car je n'aurais jamais eu la force de le lui dire.

Mon pauvre Léopold ! et pourquoi, diable, ne venais-tu pas me trouver et t'adresser à moi ?

LÉOPOLD, avee ironie.

A toi?., tu plaisantes, je pense!., je n'ai jamais rien demandé à aucun des gouvernements qui tour à tour se sont succédé chez nous!... ni places, ni pensions, ni secours, et tu m*en oflrirais!.. toi?.. (Avec fiert«.) De quel droit?.. Non, non.

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