SCÈNE Yll
corder, ce n^est pas moi, c'est l'opinion générale qui le proclame... aussi je croyais de ma délicatesse de la demander en mariage... et le père... (Riant.) ici, miss Hélène... vous ne voudrez pas me croire... et c'est pourtant la vérité... le père me répond qu'il est engagé d'honneur!., avec qui?... avec lord Clavering!..
HÉLÈNE, se levant avee émotion.
Est-il possible!..
TRESSILLYÂN, se levant aassi.
Vous n'en revenez pas?., je le vois!., ni moi non plus... d'une ctiance, d'une veine aussi constante, qui me vaut les railleries de tous nos gentlemen !.. Ils prétendent maintenant qu'il l'emportera toujours sur moi... il y a même des paris ouverts... eh bien, non!., me suis-je dit... c'est une lutte d'honneur, un combat désespéré; et, ne fût-ce qu'une fois dans mi^ vie, je l'emporterai sur lui. . .Jn'importe comment?. . . j'étais poursuivi par cette idée... quand je vous ai aperçue hier à TOpéra... où chacun vous regardait... où chacun se demandait : a Quelle est cette ravissante personne?» (pardon de citer le texte); nul ne vous connaissait, et moi, en faisant comme tout le monde, en vous admirant... je rêvais déjà aux moyens de fixer votre attention , et naturellement je me flattais de quelque espoir... lorsqu'à la sortie du spectacle, je vous aperçois au bras de qui?., de lord Clavering... (Avee colère.) Ah! pour le coup, c'est trop fort !..
hëlene.
Comment, milord?...
TRESSILLYAN, baissant la voix.
Je VOUS vois monter dans sa voiture... vous partez avec lui... cela ne me regai'de pas... je n'ai rien à dire... (D'un air à moitiA ironique.) Mais VOUS commeuccz peut-être à comprendre maintenant, le sujet du tableau que je viens vous demander?
HÉLÈNE
Non, Monsieur! et je n'en dois accuser que mdn peu d'intelligence, car j'écoute de toute mou attention, et ne peux deviner encore...
Vous tenez, je le vois, à ce qu'on s'explique plus nettement.
HÉLÈNE
Sans doute, car vous êtes venu ici pour me parler d'un tableau.
30 LA FROTÉaÉE SAJfS LE SAVOIR.
TRB8SILLTAN.
Eh bienî soit... prenons un tableau de genre; vous en eom«-
pOSeS, je crois. (Hélène sMncItse affirmatitément.) PrenOttS Dauaét..
Danaé et la pluie d'or... Vous isavez? — Supposons qu'un jeune lord immensément riche , et qui ne sait que faire de sa fortune, veuille, n'importe à quel prix, supplanter le roi de» deux... au lieu d'une pluie... il propose un orage... c'est le sujet du tableau... qu'eu dites-vous?
HÉLÈNE
Que je n'en ai jamais composé de semblable ! Bt, sll faut vous l'avouer, milord! il y a dans votre ton, dans votre air, dans vos regards même, quelque chose que je ne peux m'expliquer, et dont je n'ai pas l'habitude. Excusez-moi si je suis peu faite aux manières et au langage du grand monde ; mais, avec tout le respect qu'une artiste doit à un lord, je vous dirai que ces manières et ce langage me font éprouver un sentiment de gêne et de malaise que vous ne voudriez pas prolonger, et vous me permettrez , milord, de me retirer.
TRBSSILMANy à Hélène qai lai fait la révérence et qui veut sortir.
Non, non, vous ayez trop bien compris que je vous aime...
HÉLÈNE
Monsieur...
Et que je veux mettre ma fortune à vos pieds.
HÉLÈNE, avec ûerté.
Milord, je suis chez moi, et je vous prie de sortir!
TRESSILLYAN.
Au : Polka du Diable à quatre.
Dans les beaax-arts.
Moi, j'ai iru d'ordinaire, Qu'on était moins fière.
Surtout moins séyère :
Ah l plus d'égards.
Calmez votre colère^ Modérez le feu de vos regards !
Adieu , je pars !
HÉLÈNE
A vos regards Si je parais sévère.
C'est que ma colère Ne saurait se taire!
sgAne IX. 31
Oui, 9am rotardt, Veuillei done me complatr».
(Avee irODÎat.) Et montrer du moiDs quelqoM égtrdg Pour les beaux arts.
TRESSILLTAN.
Mail je saurai d*UD rival si tenace
Me Tenger ^lieux!.. j'en connais les moyena :
(a Hélène qoi fait «a pai pour sonner.)
Ab ! n*aUes pas^ je vous en prie en gràce^ Soooer vos gens... je yeux dire les siens!
(Noave«m g«tt« d'Hélène.) Vous Tordonnez !.. vous voulez que je sorte^ Votre humble esclave obéit à vos lois!
(a part.)
Nouvel échec!., eocor lui qui l'emporte!
Mais ce sera pour la dernière fois!
ENSEMBLE
TEBS8ILLTAN.
Dans les beaux-arts^ Moi , j*ai vu^ d'ordinaire^ Qu'on était moins tière^ etc.
HÉLÈNE
A vos regards^ Si je parais sévère.
C'est que ma colère^ etc.
(il saine et tort.)