‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 16 sur 211 · HÉLÈNE, DUROCHER · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, DUROCHER

h£lBN8.

Ah! mon ami, tous yoilà!.. yenexà mon seeouxsl

DUBROGHKR, brusquement.

C'est bien ! c'est bien ! Mademoiselle !

HÉLÈNE

Et lui qui me repousse!., d'où venez-vous donc?

DUROGHER.

De chez M. Grosby... de cet ami des arts^ qui n'a pas craint de m'offrir de mes tableaux... de dix chefs-d'œuvre... Je n'ose le dire, moins que d'une seule de vos esquise.

HÉLÈNE

Ah ! je conçois votre colère^ votre indignation...

DUROGHER.

Non... ce n'est pas cela... rien ne m'étonne à présent.

HELENE

Qu'est-ce donc... alors?

DUROGHER.

Je voulais partir^ m'éloigner... et si je suis revenu... c'est pom* vous rendre ce portefeuille... et ce qu'il contient.

HELENE

Mais plus que jamais... vous en avez besoin!

DUROGHER.

C'est possible!., mais c'est égal... reprenez-le.

Je n'en ai que faire... et plus encore, si vous voulez...

DUROGHER.

Merci, merci... je sais que l'or ne vous coûte rien... mais à moi il me coûterait trop !..

HÉLÈNE

Que voulez-vous dh*e?

DUROGHER.

Que je l'avais accepté... mais d'une artiste, entendez-vous? d'une artiste seulement!., adieu! (ii jette le portefeuille lur la

table et Tent sortir.)

HÉLÈNE, courant après lui.

Vous ne me quitterez pas ainsi?.. Vous m'expliquerez ce que signifie votre air... et vos discours...

DUROGHER, avec indignation.

Vous me le demandez?

HÉLÈNE

Oui... je le demande... je Texige!

DUROGHER.

Regardez seulement où vous êtes? ce luxe qui vous en-

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toiire... celte maison... ces gens... A qui le deves-vous?..

Vous le savez! je vous l'ai dit !

DUROGHER.

Ah! ce n'est pas à moi qu'on eu fait accroire... et j'aurais préféré votre franchise... 11 y en a comme vous qui en conviennent et ne s'en cachent pas; cela vaut mieux! A tous leurs torts, du moins^ elles n'ajoutent pas celui d'une estime usurpée!

Il£LÊNE.

AiR : FiU imprudent, époux rebelle.

Qui moi ! MoDsiear^ usurper 'votre estime !

Je le jure, cela n*est pas.

DUROGHER, voulant sortir.

Adieu !

HÉLÈNE

Mais quel est donc mon crime?

DUROCHER. N

Adieu!., ne me retenez pas!

HËLÈNE^ avec indignation.

NoD^ noD^ Monsieur/je m'attache à vos pas!

Pour m'absoudre ou pour me défendre.

J'aurais compté sur votre cœur; Et c'est Yous^ mon seul protecteur^ Qui me condamnez sans m*entendre !

DDROGHER, s'arrétant.

Au fait! si jeune!., sans appui... sans un ami... sans un conseil!.. (La regardant avec pitié.) C'est égal, c'cst dommage...

HÉLÈNE

Mais que voulez-vous dire ?

DUROGHER.

Je veux dire qu'ici, comme chez nous, tout finit par se savoir; et, dans ce lieu où j'étais entré pour lire les papiers publics, on parlait à voix haute d'un grand seigneur... lord Albert Glavering, s'il faut vous le nommer, que des liens de reconnaissance et de politique attachent à la fille d'un ministre, son bienfaiteur, ce qui ne l'empêche pas, disait-on, de se ruiner pour une jeune artiste, pour une Française... avec laquelle il n'a pas craint de se montrer en public hier soir à l'Opéra...

HELENE

ciel !

DUROCHIR.

Et si j'avais pu douter encore... la manière dont parlait de ▼ous ce jeune fat, qui vous quittait^ et que je viens de rencontrer... ce lord Tressillyan.

HÉLÈNE, poussant un eri d'indignation et portant la main à son front.

Lui!., qui tout à l'heure... Ah! je comprends!

DCROGHER, se jetant dans un fautenil, & gauche, pris de la table.

Vous voyez, comme je vous le disais, qu'il eût mieux valu tout m'avouer !

HELENE

Eh! que vous avouerai-je? mon Dieu! que tout tourne contre moi, et cependant, je le jure devant Dieu et devant vous... je le jure devant ma mère qui m'entend!., on m'a calomniée... moi... et lui!., lord Ciavering !

DUROGHER, assis prés de la table, et haussant les épaules.

Allons donc!., quand ce matin encore il était ici !

Eh bien! our, c'est vrai... de temps en temps, bien rarement, il venait me voir; et, quand par malheur il ne le pouvait pas, il m'écrivait... mais comme un ami, comme un frère, comme vou^ l'auriez fait vous^-même ! Ce matin encore il me pressait d'épouser M. Crosby, qui me demande en mariage... oui... M. Crosby, qui est un honnête homme, qui me connaît... et qui m'estime... lui!

DUROGHER, avec étoancmenl.

M. Crosby !

HELENE

Eh! oui, Monsieur, croyez-moi... je ne Voua 'dis que la vérité!.. Mais pour vous convaincre, je n'ai que mes paroles... et si le ciel, si mon bon ange pouvait m'envover quelque preuve. (Poussant «n cri.) Ah! les lettres de milord... il n'en manque pas une seule... je les gardais toutes... (prenant dana u

teerétalre, & gauche, vs e»bier de lettres qu'elU jette sur It table.) VoyeX

vous-môme> Monsieur; voyez, il m'exhorte à me bien conduire; il me parlé de vertu et d'honneur. A chaque page il est question de ma mère... Et à celle qu'on veut séduire et déshonorer, est-ce qu'on lui parle d'honneur et de vertu? est-ce qu'on lui parle de sa mère?..

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