SCÈNE XL BLANCHE, DIDIER
BLANCHE, allant à son père qui est assis.
Se hâter, dites-vous?.. et pour quelle raison?
iâ8 D1D1£R l'honnête HOMME.
DIDIER
C'est que tout est perdu!... C'est que la maison Dordrecht ne paye pas.
BLANCHE
Ociel!..
DIDIER
Elle fait faillite... et moi... ma fille... et moi qui croyais ne rien devoir à personne... voilà cent mille écus que je ne puis acquitter... La misère^ je l'accepterai; mais le déshonneur!..
BLANCHE
Courage!., me disiez-vous; courage^ mon père!., il y a peut-être encore quelque espoir?
DIDIER
Je n'en ai plus... 11 est des jours de fatalité^ où le sort semble réunir tous les malheurs sur la tête d'un seul homme... comme pour l'accabler... le coup le plus cruel vient de me frapper au cœur.
Encore!... mon Dieu!... Et qu'est-ce donc?
DIDIER
Le seul coup... contre lequel je me trouve désarmé et sans force. ... Je te disais bien que si mon frère^ si mon ami Raymond ne me répondait pas...
BLANCHE
Cest qu'il était malade ! . . .
DIDIER
Raymond est mort!...
BLANCHE^ poussant un cri.
Ah!...
DIDIERy d'une voix entrecoupée.
Tiens!... tiens, voici la lettre que je reçois d'Antoine, son
premier commis, (il donne li lettre à sa ûi\é, appuie ses coudes aur la
ubie et cache sa tète dans sfs mains.) Raymond!... Raymohd, je t'ai perdu!... »
BLANCHE, pendant ce temps, lisant la lettre arec émotion.
a Monsieur, depuis plusieurs jours, mon honoré patron était eu proie à une agitation fébrile qui nous alarmait : le mardi 19 courant, M. Raymond a été frappé d'un coup de sang... On s'est empressé de le saigner... Ces secours l'ont ranimé, mais la soirée fut mauvaise... Le lendemain, le mal