‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 89 sur 211 · SCÈNE II, DAUBRAY, CANIGOU · texte numérisé non relu

SCÈNE II, DAUBRAY, CANIGOU

GANIGOD^ à la eintonad».

C'est bon ! c'est bon ! Si ça vous dérange...

DAUBRAY

A)i! quelqu'un de la maison... M. Didier?.,

GANIGOU.

Pas possible de le yoir, encore moins de lui parte?* ••

DAUBRAT.

Il ne reçoit pas?

GANIGOU.

Si... il m'a reçu, moi.,, mais très-mal... Il m'A epyoyé au diable, et pourtant je suis de la maison... Ainsi, jugez, vous, un inconnu!., je ne sais pas où il vous enverrait, mais ça pourrait vous mener loin.

DAUBRAY

S'il savait quel intérêt m'amène !..

L'intérêt?., je devine... Monsieur est créancier.., je peux vous rassiu'er... (a demi Toix.) Vous toucherez.., je viens de. toucher... il y a des fonds à remuer à la pelle... nous avons fait une succession! et pour moi et mes sacoches, qui venons d'en porter une partie...

DAUBRAY, à part.

ciel !

CANIGOU

AiR : De sommeiller eneor, ma cHère,

T répoDds qu*elle n'est pas légère.

Ce sont des millions d'écus!

Par le maître et propriétaire Je comprends qu*ils sont bien reças!

Mais^ moi, je les trouve moins drôles, Et c'est ennuyeux en effet.

D'en avoir tant sur les épaules.

Et pas un seul dans son gousset.

DAUBRAY

Des millions, dit-il?..

GANIGOU, riant.

Oui, des millions!., j'aime à répéter ce mot-là, il me ré-

^36 DIDIER l'honnête HOMME.

jouit... i) m'égaye... Il parait que ce n'est pas comme ça pour vous... Quelle figure sombre et renversée!

DAUBRAY^ I ptrt.

Adieu tout mon espoir... (Haat.) M. Didier est riche... (Avee émotion.) Alors... je n'ai plus rien à lui dire.

CANIGOD.

Ça se trouve bien... car à peine s'il vous écouterait... Il a un air rêveur et préoccupé !.. il ne parle à personne... pas même à sa fille!

DADBRAY.

En vérité!..

CANIGOD.

11 a un très-mauvais caractère ^ le bourgeois... quand il hérite! et il paraît que les millions produisent sur lui... le même effet que sur vous... cela le fâche.

DAUBRAY

Allons donc !

CANIGOU

Enfin... voilà une demi-heure à peine qu'il a touché le premier à-compte... cent mille écus !.. moi! ça m'aurait rendu aimable et gracieux...

DAUBRAY

Eh bien?

CANIGOU

Eh bien! lui, qui d'ordinaire est le meilleur des maîtres, est devenu insupportable, bourru, emporté... il fronce le sourcil... il se promène en grognant... la tête courbée... enfin, un dernier trait qui vous fera juger... je ne suis pas avide... et ne demande jamais que le strict nécessaire... mais il est de nécessité absolue que j'aie cinq mille francs pour m'établir... un fonds de mercerie qui en vaut le double... alors; croyant le moment favorable... j'ai hasardé ma requête... savez-vous ce qu'il ma répondu?..

t DAUBRAY, sans l'éeouUr.

Non !..

CANIGOU

Je vous l'ai dit tout à Theure : Vchfen au diable,,, je n'ai rien,., je ne possède rien!,, lui qui possédait des millions... hein?.. Monsieur, comme la fortune change le caractère...

DAUBRAY, rêvant.

C'est étrange!..

Page 1