ACTE 11^ SGÂN1& m
DAUBRAT.
Oh! bonheur!
BIiANCnE, viYement.
Ce n'est pas à vous que je disais cela;, Monsieur^ c'est à mon père!
Eh bien?
Il entrait en ce moment^ rêveur et les yeux baissés^ dans son cabinet... Je me suis retirée en silence... sur la pointe du pied, et à l'instant où je fermais la porte... il venait, sans m'avoir vue, de se jeter dans son fauteuil, juste en face de mon petit billet.
nAUBRAT.
De sorte que tous ne savez pas encore ?. .
BLANCHE
Eh! mon Dieu! si!., je crains de savoir... Je m'étais éloignée; l'inquiétude m'a amenée près de cette porte... où le cœur me battait de crainte, et où, l'oreille attentive, j'écoutai longtemps sans rien entendre... Il me semblait que mon père s'était levé... puis il marchait à grands pas... puis son agitation devenait telle qu'il prononçait tout haut des mots entrecoupés... qui tous n'arrivaient pas jusqu'à moi!.. Mais tout me prouvait que, dans le cœur de mon pauvre père, il se livrait comme une lutte, comme un combat... Moi, hésiter! disait-il... /iëstter... oser seulement m' arrêter à cette pensée.,. Non^ non Jamais! Après quelques instants de silence, et comme changeant de ton, il a dit : Ah! ce n'est pas pêur moi, c'est pour ma fille, ma pauvre enfant,^, car enfin! après totit... Puis il a poussé un cri : Ah! c'fist indigne!.. Et, d'une voix forte, il s'est écrié : Non, je ne céderai pas!., je ne céderai pas!..
DAUBRAY
Il a raison... un honnête homme tel que lui ne peut man* quer à sa parole.
Air : Qu'il tienne sa promesse (du Serment).
Qu'il tienne la promesse ^ Qu'il fit à ses amis î
Mais moi, moi que Ton blesse, Moi, je n'ai rien promis; Je sais ce qu'il me reste à faire.
140 DIDIER l'honnête HOMME.
Adieu !
BLANCHE
Vous me quittez^ faélas !
DAUBRAT, à part.
Mais du sort un marin jamais ne désespère, Tant qu'il lui reste encor son épée et son bras.
ENSEMBLE
DAUBRAT.
Qu'il tienne sa promesse, etc., etc.
BLANCHE
fatale promesse !
Rêve qui m'a souri ; bonheur! 6 tendresse!
Tout s*é]oigne aTec lui !
(Daubray sort.)