‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 142 sur 446 · SCÈNE XL ANTOINE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

SCÈNE XL ANTOINE, THÉRÈSE

(Antoine t uu air embarrassé et r^arde de tous e6tés.) THÉRÈSE, r^ardant du ciAé de la chambre de Rodolphe.

Oui, il n'y a pas à hésiter, je n'ai qu'un seul moyen. (Allant

au-derant d*Antoine qui est dans le fond.) YOUS VOicl, mon cher Antoine.

ANTOINE

Oui, j'étais sorti pour prendre Pair, et en revenant, en voyant cette maison où je venais chaque jour, je me suis trompé de porte, je croyais renti*er chez moi.

THÉRÈSE

Vous avez eu raison.

ANTOINE

Au fait, j'ai juré de ne plus voir Rodolphe; mais vous, Thérèse, c%st bien di£férent !

THÉRÈSE

Je vous remercie : (Montrant la lettre qui est sur la table.) Car je

vous avais écrit pour vous supplier de revenir, de vous raccommoder avec mon frère.

Moi ! après la manière dont il m'a traité!

THÉRÈSE

Il reconnaît ses torts, il brûle de vous en demander pardon, mais il n'ose pas vous voir et vous embrasser.

AirroiNE.

Vraiment ! Rodolphe ! mon ami ! où est-il? Venez, conduisez-moi vers lui.

THÉRÈSE

Un instant. Pour mieux sceller votre réconciliation, pour que désormais vous soyez toujours unis, j'ai une demande à vous faille.

ANTOINE

Vous, morbleu! parlez; tout ce que je possède est à vous deux.

THÉRÈSE

Vous m'avez dit ce matin que vous m'aimiez, que vous vouliez m'épouser.

208 RODOLPHE

' ANTOINE -

Ah! c'eût été le bonheur de ma vie.

THÉRÈSE

Eh bica! si vous m'aimez encore, si ma main peut avoir pour TOUS quelque prix, je vous la donpe, elle est à vous.

ANTOINE, d*im air incrédule.

Comment? il se pourrait? Je vous en prie, Thérèse, ne m'abusez pas; il y aurait de quoi en mourir.

Je suis prête à vous épouser cette semaine, demain, aujourd'hui, si cela se peut.

ANTOINE

0 ciel! un bonheur si grand, si inattendu! c'est tout au plus si j'ai la force d'y résister.

THÉRÈSE

Antoine , mon bon Antoine , mon ami , calmez-votis , et écoutez-moi. J'y mets une condition : c'est qu'à l'instant, à l'instant même, vous irez demander le consentement de mon frère.

ANTOINE

J'y vais.

Et s'il hésitait?

Il n'hésitera pas.

THÉRÈSE

ANTOINE

THERESE

Enfin, vous lui direz que c'est moi, moi qui le veux, entendez-vous, Antoine?

ANTOINE

Parbleu! si j'entends... Tenez, le voici; c'est lui. Restez, et vous allez voir.

THÉRÈSE

Non, je vous en supplie, (eû s'en allant.) Ah! devant lui je

n'en aurais pas le courage. (Elle entre dam la chambre à gauche.)

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