SCÈNE ptlEl^IÈIiE. EpMONp, CÉCILE
CÉCILE
Comment! monsieur Edmond, c'est vous que je revois!
EDMOND
Ma chère Cécile, combien j'ai été sensible à ton accueil et à celui de ta mère ! Vous n'avés donc point oublié 1^ nom de vos anciens maîtres?
CÉCILE
Qui vous amène à Paris? et que venea-vous faire ^ Thôtel des Milords?
EDMOND
Ce qu'on peut faire dans un l^ôtel gariij... i^'y loger, si toutefois les appartements ne sont pas trop cl)^|*s,
CÉCILE
Comment! il serait possible {...votre situation...
306 un masoM jocm ib «omnn.
Est toiqolm lamême. On dit qae la tetane «st diaiigeaote. Je ne m'en aperçois pas. rélais très-jenne , lorsque mon père qoîtU la France aTec toute sa famille. Les circonstances ne sont jfius les mêmes, j'y rentre enfin; mais je m'y suis trouTé seul, "sans appui, sans fiunille; je dirais presque sans amis, si je ne f arais pas rencontrée.
CÉOLE.
Et les grands biens qu'avant son d^art Totre père avait
Sur le bruit de notre m^ , des parents très^oignés s'en sont emparés. Dqrais vingt-cinq ans, et plus, les débris en ont été dispersés entre un millier de collatéraux; en quelles mains les retrouver? Et quand le hasard me les ferait découvrir, U me fendrait, pour les ravoir, soutenir au moins une vingtaine de procès. Et songe donc! vingt procès! il y aurait de quoi me miner, si je ne l'étais déjà.
Aia .' Vamamr qm^Edmond a tu wu tain.
Le» gens de loi, dans la plus mince aHadre, Lèvent, dit-on, denx francs sor on écu ; Ta pein alors juger dans cette guerre Quelle est la part qui reTîent ao tainco ; Car les plaideurs, qu'un procureur travaille. Gagnant leur cause à prix d*or et de soint. Sont des soldats qui du champ de bataille Sortent vainqueurs avec un bras de moins.
CÊQLE.
Que voules-vous donc feire?.... Demander une place...
EDMOND
Du tout, je ne veux rien devoir à personne. Je suis jeune, j'ai de la force, et tant que ce bras-là pourra porter un fusQ, je n'aurai pas besoin de solliciter... sois tranquille. Au feu, il y a toujours de la place.
AïK : A saixanie mu.
Partout ailleurs il faudrait un miracle Pour parvenir et l'emporter soudain, A chaque pas s'ouvre un nouvel obstacle. Mille rivaux vous Termeot le chemio.
7t comment garder l'équilibre.
sciNE I. 309
Lorsque chacun tous heurte pour passer?
Mais an combat Ton a beau se presser, A qui le Tout la place est toujours libre. Et rien, morbleu 1 D*empècbe d*ayancer.
Mais, avant de partir, je voulais faire mes adieux à quelqu'un qui demeure ici , à Paris. Et voilà pourquoi je viens passer quelques jours dans cet hôtel. Apprends-moi d'abord quelles sont les personnes qui l'habitent.
CÉCILE
Il y a trois locataires importants : d'fiJ)ord, au rcï-de-chaussée, M. de Valberg, seigneur très-riche, qui joue presque toute la journée, et une partie de la nuit.
EDMOND
M. de Valbei'g... J'ai quelque idée de ce nom. Mais, n'im- * porte; après...
CÉCILE
Ici, au-dessus, une soi-disant baronne de Rostange, et sa fille.
EDMOND, TÎTement.
C'est bien cela! une jeune personne charmante.
CÉCILE
La bonté, la douceur même; vous la connaissez ?
EDMOND
Mais , c'est-à-dire, j'ai entendu parler; car, pour moi , je connais très-peu...
CÉaLE.
Non, non, monsieur Edmond. Cela n'est pas possible, et je Tois à votre embarras t^ue vous connaissez beaucoup...
EDMOND
Eh bien ! oui, ma chère Cécile, j'aime Élise, autant qu'il est possible d'aimer. C'est dans le lieu de notre exil que je l'ai rencontrée. Mais comment madame de Rostange se trouve-t-elle à Paris? qu'y fait-elle?
cÉcg.E.
Des visites. Et je ne sais pourquoi elle a loué un appartement dans cet hôtel; car elle demeure habituellement dans un remise, qm toute la journée la promène tour à tour dans tous les ministères de la capitale.
EDMOND
Pourrais-je la voir?
310 €9 BBR9IKE iOCA IB FMLTCSE.
CÉaL£.
Ce n'est pas aisé.
Aift : Jlfut jadis hm gramé propkêté
Pour la rcDCOûtrer dans celte TîUe, n faut être lesta el bies portant; Dons B Toiture est ion doanctle^ On ne peut loi parler qu'en eonrant.
An gaiopy comme il faut qu'elle parte, La Toil-on passer dans le quartier.
C'est an cocher qa*on donne sa carte.
Au lien de la remettre au portier.
Du reste on prétend qu'elle Tondrait tronTer un mari pour sa fille, et peut-être pour eUe-mêmej si l'occasion s'en présentait; et elle y parviendra, car elle A, dit-on, peu de f<»ttme, mais beaucoup de crédit.
EDlHNfD*
Tant pis, car je n'en ai guère, fit où trourer des amis, des protecteurs qui puissent me senrir auprès d'elle!
csaLE.
Attendez ; nous avons ici monsieur de Saint-Pierre, le troisième locataire; un excellent homme, pour qui madame de Rostange a les plus grands ^ards.
EI>M<»ip.
Quel est ce monôeur de Saint-Pierre?
CÉCU.G.
Impossible de vous le dire. On ne lui connaît aucune terre^ aucune propriété, et il roule sur i'w. On ne sait ni qui U est, ni d'où il vient, et partout il est recherché, considéré. Enfin, il n'a aucime dignité, n'occupe aucune place, et presque tous les jours on l'invite à diner en ville.
EDMOND
Sonâget Jeune.
Ses manières?
Pas très-nobles..»
♦ère?
CECILE
EDMOND
CÉCILE
EDMOqD.
CECILE
re, mais très-généreux, et pas plus de fierté que
soÉNB n. 311
s*il ayait encore sa fortune à faire. Tout le monde l'aime dans Thôtel; moi^ surtout^ qu'il a comblée de bontés. Il a pris soin de ma mère^ il lui a assuré une pension pour le reste de ses jours^ et je suis bertaine que si je lui pariais en votre faveur...
EDMOND
Eh mais!... au porti*ait que tu m'en fais, n'aurait-il pas des vues sur la main d'Ëliset
CÉctLC.
Lui ! quelle idée ! mais teriez^ je l'etiteuds^ voulez-vous que je vous présente ï
EDMONb.
Viens achever de m'instruire et, s'il est liécessaire, je saurai tout seul fdire connaissance avise lui. (u sort avec cécUe.)