‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 148 sur 446 · SCÈNE ptlEl^IÈIiE. EpMONp, CÉCILE · texte numérisé non relu

SCÈNE ptlEl^IÈIiE. EpMONp, CÉCILE

CÉCILE

Comment! monsieur Edmond, c'est vous que je revois!

EDMOND

Ma chère Cécile, combien j'ai été sensible à ton accueil et à celui de ta mère ! Vous n'avés donc point oublié 1^ nom de vos anciens maîtres?

CÉCILE

Qui vous amène à Paris? et que venea-vous faire ^ Thôtel des Milords?

EDMOND

Ce qu'on peut faire dans un l^ôtel gariij... i^'y loger, si toutefois les appartements ne sont pas trop cl)^|*s,

CÉCILE

Comment! il serait possible {...votre situation...

306 un masoM jocm ib «omnn.

Est toiqolm lamême. On dit qae la tetane «st diaiigeaote. Je ne m'en aperçois pas. rélais très-jenne , lorsque mon père qoîtU la France aTec toute sa famille. Les circonstances ne sont jfius les mêmes, j'y rentre enfin; mais je m'y suis trouTé seul, "sans appui, sans fiunille; je dirais presque sans amis, si je ne f arais pas rencontrée.

CÉOLE.

Et les grands biens qu'avant son d^art Totre père avait

Sur le bruit de notre m^ , des parents très^oignés s'en sont emparés. Dqrais vingt-cinq ans, et plus, les débris en ont été dispersés entre un millier de collatéraux; en quelles mains les retrouver? Et quand le hasard me les ferait découvrir, U me fendrait, pour les ravoir, soutenir au moins une vingtaine de procès. Et songe donc! vingt procès! il y aurait de quoi me miner, si je ne l'étais déjà.

Aia .' Vamamr qm^Edmond a tu wu tain.

Le» gens de loi, dans la plus mince aHadre, Lèvent, dit-on, denx francs sor on écu ; Ta pein alors juger dans cette guerre Quelle est la part qui reTîent ao tainco ; Car les plaideurs, qu'un procureur travaille. Gagnant leur cause à prix d*or et de soint. Sont des soldats qui du champ de bataille Sortent vainqueurs avec un bras de moins.

CÊQLE.

Que voules-vous donc feire?.... Demander une place...

EDMOND

Du tout, je ne veux rien devoir à personne. Je suis jeune, j'ai de la force, et tant que ce bras-là pourra porter un fusQ, je n'aurai pas besoin de solliciter... sois tranquille. Au feu, il y a toujours de la place.

AïK : A saixanie mu.

Partout ailleurs il faudrait un miracle Pour parvenir et l'emporter soudain, A chaque pas s'ouvre un nouvel obstacle. Mille rivaux vous Termeot le chemio.

7t comment garder l'équilibre.

sciNE I. 309

Lorsque chacun tous heurte pour passer?

Mais an combat Ton a beau se presser, A qui le Tout la place est toujours libre. Et rien, morbleu 1 D*empècbe d*ayancer.

Mais, avant de partir, je voulais faire mes adieux à quelqu'un qui demeure ici , à Paris. Et voilà pourquoi je viens passer quelques jours dans cet hôtel. Apprends-moi d'abord quelles sont les personnes qui l'habitent.

CÉCILE

Il y a trois locataires importants : d'fiJ)ord, au rcï-de-chaussée, M. de Valberg, seigneur très-riche, qui joue presque toute la journée, et une partie de la nuit.

EDMOND

M. de Valbei'g... J'ai quelque idée de ce nom. Mais, n'im- * porte; après...

CÉCILE

Ici, au-dessus, une soi-disant baronne de Rostange, et sa fille.

EDMOND, TÎTement.

C'est bien cela! une jeune personne charmante.

CÉCILE

La bonté, la douceur même; vous la connaissez ?

EDMOND

Mais , c'est-à-dire, j'ai entendu parler; car, pour moi , je connais très-peu...

CÉaLE.

Non, non, monsieur Edmond. Cela n'est pas possible, et je Tois à votre embarras t^ue vous connaissez beaucoup...

EDMOND

Eh bien ! oui, ma chère Cécile, j'aime Élise, autant qu'il est possible d'aimer. C'est dans le lieu de notre exil que je l'ai rencontrée. Mais comment madame de Rostange se trouve-t-elle à Paris? qu'y fait-elle?

cÉcg.E.

Des visites. Et je ne sais pourquoi elle a loué un appartement dans cet hôtel; car elle demeure habituellement dans un remise, qm toute la journée la promène tour à tour dans tous les ministères de la capitale.

EDMOND

Pourrais-je la voir?

310 €9 BBR9IKE iOCA IB FMLTCSE.

CÉaL£.

Ce n'est pas aisé.

Aift : Jlfut jadis hm gramé propkêté

Pour la rcDCOûtrer dans celte TîUe, n faut être lesta el bies portant; Dons B Toiture est ion doanctle^ On ne peut loi parler qu'en eonrant.

An gaiopy comme il faut qu'elle parte, La Toil-on passer dans le quartier.

C'est an cocher qa*on donne sa carte.

Au lien de la remettre au portier.

Du reste on prétend qu'elle Tondrait tronTer un mari pour sa fille, et peut-être pour eUe-mêmej si l'occasion s'en présentait; et elle y parviendra, car elle A, dit-on, peu de f<»ttme, mais beaucoup de crédit.

EDlHNfD*

Tant pis, car je n'en ai guère, fit où trourer des amis, des protecteurs qui puissent me senrir auprès d'elle!

csaLE.

Attendez ; nous avons ici monsieur de Saint-Pierre, le troisième locataire; un excellent homme, pour qui madame de Rostange a les plus grands ^ards.

EI>M<»ip.

Quel est ce monôeur de Saint-Pierre?

CÉCU.G.

Impossible de vous le dire. On ne lui connaît aucune terre^ aucune propriété, et il roule sur i'w. On ne sait ni qui U est, ni d'où il vient, et partout il est recherché, considéré. Enfin, il n'a aucime dignité, n'occupe aucune place, et presque tous les jours on l'invite à diner en ville.

EDMOND

Sonâget Jeune.

Ses manières?

Pas très-nobles..»

♦ère?

CECILE

EDMOND

CÉCILE

EDMOqD.

CECILE

re, mais très-généreux, et pas plus de fierté que

soÉNB n. 311

s*il ayait encore sa fortune à faire. Tout le monde l'aime dans Thôtel; moi^ surtout^ qu'il a comblée de bontés. Il a pris soin de ma mère^ il lui a assuré une pension pour le reste de ses jours^ et je suis bertaine que si je lui pariais en votre faveur...

EDMOND

Eh mais!... au porti*ait que tu m'en fais, n'aurait-il pas des vues sur la main d'Ëliset

CÉctLC.

Lui ! quelle idée ! mais teriez^ je l'etiteuds^ voulez-vous que je vous présente ï

EDMONb.

Viens achever de m'instruire et, s'il est liécessaire, je saurai tout seul fdire connaissance avise lui. (u sort avec cécUe.)

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