SCÈNE XÎIL M. DE SAINT-PIERRE, JASMIN
M. DE SAINT-PIERRE , à Jasmin qui entre.
Tu diras à mes gens de ne pas aller dîner en ville, comme cela leur arrive quelquefois... J'ai besoin d'eux aujourd'hui... Entends-tu... d'eux tous... depuis le jockey jusqu'à toi le valet de chambre.
JASMIN
Oui, Monsieur.
M. DE SAINT-PIERRE
Tu commanderas en même temps à mon maître d'hôtel un dîner délicat, et solide, à cause des convives que j'attends... Une douzaine de couverts; et surtout, qu'il ait soin de me dépenser cinquante ^ louis... pas un de plus... pas un de moins...
JASMIN
Oui, Monsieur... Y aura-t-il des invitations à envoyer?
930 UM DERNOn JOUB BE FORTUNE.
Sans doute. •• mais ce ne sera pas loin, (tt i«i ptrie bt* à
1 vffttiite* I
JASMIN^ d*«u ftir kontetti.
Goimnent ! Monsieur^ il serait possible !
^AlR ; Quand VÀmour naquit à Cythère,
De T08 bontés, de cet houDeur extrême^
Je suis confus, et je n'en reviens pas;
Quoi! TOUS Yo'ulei, Mossi^ur^ aujourd'hui même...
y. DE SAINT'PIEaRE,
Vous voir a8si« à ce repas.
Qui, nous... siéger à cette place auguste ! Nous qui toujours, parétftt, par devoir, Sommes diebout...
M. bE SAlNT-PIfeRRE.
C'est pour ça quMl est juste Qu'un jour an môioâ vou.< puissiez vous asseoir.
JASMIN
C'est égal. Monsieur, nous n'oserons jàtnais.** Je ne mis pas assez heureux... pour une pareille faveur.
/ H. PE SAINT-PIEIRE.
Tu n'es pas heureux!... toi, Jasmin! toi, un valet de chambre!... Diable! j'en confiais bieii qui voudraient être à. ta place... Ta condition n'est-elle pas souvent préférable à celle des maîtres?... Qu'as-tw besoin de l'occuper de tes affaires, ou de t'inquiéter de ton soi-t?... tu laisses ce soin au grand seigneur qui t'a t)ris à son service. En voyant le mal qo'U se donne pour slUgmènlet* sa fortune, tu crois pêut-êti-e que c'est pour lui qu'il travaille; du tout... c'est pour toi... c'est pour te nouiTir, pour te loger, pour te payer des gages. . . Il est. ton véritable intendant... car cette table exquise dont il est kîfier, tu en jouis aussi bien que liii..: i^Uoiqù'à des heui^es différentes. Si tu restes... tu halètes conihie lui un hôtel ou un palais... si tu sors, toiijôurs ten toiture... en seconde ligne ^ il est vrai... mais qu'importe? Douce indépendance, aimable oisiveté, ppertiiers trésors de l'homme; on ne vous trbiivè qne sous la livrée... et qui ne sait pas vous apprécier, n^esl pas digne de vous posséder... Mais qui vient là? c'est n^oii jevine protégé, (a Jasmin.) Va vite exécuter mes ordres. (Jasmin sort.)
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