‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 18 sur 446 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Ils nous ont escroqué le dënotiement ; Monsieur était furieux.

JULES

S'a en est ainsi^ il nous recevra mal; ta mère surtout, qu'il a juré de ne jamais voir; et nous ferons aussi bien de partir.

HATHILDE.

Non, mon papa, je t'en conjure...

Que veux-tu donc faire?

MATHILDE

Je ne sais; mais n'y aurait-il pas quelque moyen?...

JULES

Aucun ! il faut se décider: partir ou rester.

PIEnROT.

Eh bien ! à votre place, je ne ferions ni l'un ni Tautre.

MATHILDE

Bah!

PIERROT

Écoutez: il y a M. de Frémoncourt, que vous devez connaître et qui est un ami de votre oncle; il demeure à une demilieue d'ici , au village de Réthal. 11 pourrait vous donner un bon conseil ou parler en votre faveur.

JULES

Tu m'y fais songer, un ancien ami de mon père; c'est effectivement notre seule ressource! Mais une demi-lieue j'ai

renvoyé ma, voiture,., (montrant Matuide) et cette enfant ne pourrait pas...

FIERROT.

Vous ixms la laisserez.

Air de la valse de Philibert marié,

J'aurons, ben goin de voûte demoisene ; £t quand vot' femme arrivera ce soir, Ghacuo de nous, ee serviteur fidèle.

Fera d* son mieux pour la^ ben recevoir}

MATHILDE, à Jaqueline.

Viens dans le parc, je te ferai connaître Quels sont à moi mes projets et mes vœux; Et toi, mon père, à ton retour peut-être '

Tu trouveras le bonheur en ces lieux.

LZ TlEnZ GARÇON ET LA. PETITS PILLK.

ENSEMBLE

JULES

Oai, mes amis. Je tous laisse avec elle : C'est mon boDheur ainsi que mon espoir; Et je saurai recoonattre le lèle Qui vans engage Ji la bien recevoir.

FIEHROT ET JAQUEUNE.

J'anroDS ben eoiu de Toute demoiselle, etc. (julet tort par li droite , Mithilde et Jiqueline psr le toitd.)

PIERROT, iKiii M. DUBOCAGE.

PIERROT, r^Brdanl à ^uchv-

Eb : jarni, c'est not' maître ; je ne Tons jamais vu si dispos, il marche presque avec un bras! 11 a avec lui deux domestiques chai^ds de joujoui; voilà Lapien'C avec un cheval sous un bras et un \aisseau de ligne sous l'autre; et des raquettes, des ballons, des tambours et des poupées, ça me fait l'effet d'un jour de l'an.

DUBOCAGE, enirant ippuyc sgr le brsj d'un dosiestiqiM.

Va doucement, je te dis; va doucement; bien, (se metuoi dut loa tauituii.) Qu'oH pofte tout cela dans mon appartement, et que l'on prenne garde de rien casseï'. Ah ! te voilà. Pierrot. As-tu fait préparer les chambres que j'ai commandées , une pour mon neveu et les autres pour sa famille.

PIERROT

Oui, Monsieur; mais songez donc, dix enfants, quel tapage cela va vous faire! Quel désordre dans la maison! Je ne parle pas de mes fleiu's et de mes platcs'bandes, j'en ai fait mon deuil ; (a pari.) et depuis huit jours je n'y louche plus.

DUBOCAGE

Eh bien! mon ami, c'est ce qui me charme d'avance! je suis fatigué du calme où je vis habituellement; j'ai soixante ans, autant de mille livres de rentes, et je me lasse de manger ma fortune tout seul.

PIERROT

Cest la faute de Monsieur, qui n'avait qu'à parler, it ne

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SCÈ5E III. Ï7

PCBOCAGE.

M, des ëtraDgers, tandis qu'ici je vais me trouTer nne ramiUe toute faite , qui animera ma solitude, qui égi-jen ma vieillesse. Songe donc! huit garçons et deux filles : quelle vai'lélé de caractères ! quelle dîTersîté de goûta, de penchants, d'inclinations ! C'est la société en abrégé ! Je me vois d'avance au milieu de tout cela, chéri, respecté, et surtout obéi, car j'aurai sur mes petits sujets un pouvoir absolu j ce sera une monarchie patriarcale tempt^r^ par des joujoux et des friandises.

A ce prix seul onbliaot ma colère, A mon neveu j'ai reodu mes boolés; Il vient suivi de sa ramille eatière, Car il me faut dix enfants bien compl

78 LE YIETJX GARÇOfï ÎSt tk PETITE FILLE.

d'arriyé. (a part.) Aussi ils ne sont pas convenus de ce qu'il faUait dire !

DUBOCÀGE.

Ahçà! morbleu^ veux-tu l'expliquer?

PIERROT

M'y voilà, Monsieur; c'est Jaqueline qui arrive de Rëthal, et qui a vu toute la famille chez M. de Frémoncoiui, où ils sont descendus en secret pout se reposer un instant, et de là venir vous surprendre !

DUBOCAGE

11 serait possible? avant une heure je vais les voir... Et qu'est-ce que t'a dit Jaqueline, comment les a-t-elle trouvés?

PIERROT

D'abord, Monsieur, elle a vu une petite fille ç)iarmante.

DUBOCAGE, se frottant les mains.

C'est très-bien ; mais les autres, parle-moi donc des autres, mes petits neveux surtout !

PIERROT

Oh! pour vos neveux, ce sont des jeunes gens ceux-là... il n'y a rien à en dire.

DUBOCAGE

Tu crois donc que nous vivions bien ensenible?

PIERROT

Oh! ils ne vous embarrasseront pas, et vous pourrez en faire tout ce que vous voudrez.

DUBOCAGE

Voyez-vous, ces petits gaillards | mais quand donc arriveront-ils?

PIERROT

Pour ça, il ne risque rien d'attendre, quand il lui en viendra...

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