‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 247 sur 446 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Air : Vos maris en Palestine,

Mais c'est en vain qu'on clabaude, La sangsue un jour passera^

Et tous ces marchands d'eau chaude

Ne font, on le voit déjà.

Que de Teau claire, et voilà!

Dans la rivière leur doctrine Conduira le corps tout enlier; Et quittant son ancien quartier, L'École de niéfleeine Va venir aux bains Vigier.

SCI PION.

11 me semble cependant, mon professeur, que, dans votre dernière ordonnance, j'ai vu se glisser quelques sangsues.

M. FRANVAL

Parbleu! il le faut bien ; si on ne les employait pas , on aurait Tair, dans le monde , d'un routinier, d'une tête à perruque ; voilà comme ils nous traitent.

AUGUSTE

Eh bien! alors, comment faites-vous?

M. FRANVAL

A mon cours et à mon hôpital, je fais l'ancienne médecine, parce que c'est la bonne; et dans le monde, quand j'y suis appelé, je fais la nouvelle, parce que les Parisiens ne se croiraient pas guéris, s'ils ne l'étaient pas à la mode, (victor ra s'asseoir auprès de son tableau, et reste absorbé daus ses réflexions.)

SCIPION

Merci, mon professeur, je profiterai de la leçon.

M. FRANVAL

Et tu feras bien. Dis-moi, comment va M. de La Bernardière, chez qui je t'ai envoyé?

SClPlON.

Un peu mieux depuis ce matin.

M. FRANVAL

C'est une fièvre Maxique bien dangereuse , une bonne maladie pour toi, mon garçon; il faut suivre cela avec attention.

SCIPION

Je vous demande bien pardon, mon professeur, mais je crois que vous vous trompez sur ce malade-là.

M. FRANYAL.

Qu,*ept-ce que ça veut dire, je nae trompe?

SCIPION

Permettez; non pas sur les effets, mais sur la cause de sa maladie; je l'ai fait parler ce matin, etil me semble que chez lui c'est le moral qui est attaqué ; il y a quelque chose qui le tourm^ite, quelque arrière-pensée qui l'agite. Aussi je lui ai dit : Mon client, pour que la médecine puisse agir avec effet sur le corps, il faut d'abord que l'âme soit tranquille, et la vôtre ne l'est pas. Il ma serré )a main en me dfsant: Docteur, vous avez raison J Eh bien ! lui ai-je répondu , commençons par là? mettez- vous d'abord en paix avec vous-même, cela vous regarde; pour le reste je m'en charge, et vous jouirez bientôt, comme dit notre professeur, des deux trésors les plus précieux sur là terre : Mens sana in corpore sano,

M. FRANVAL

Tu lui as dit cela? embrasse-moi, mon cher Scipion; je te cède ce malade-là; il est à toi.

Et par droit de conquête, et par droit de naissance. Voilà un élève digne de moi.

SCIPION

Merci mon professeur ; je tâcherai de faire honneur à vos principes.

M. FRÀNVAL, passant près de la cheminée, et s*y assénant pour se chauffer.

Comme moi à ton dîner ; car il me semble que Theuré approche.

SCIPION, à part.

Nous y voilà. J'étais bien étonné qu'il l'eût oublié, (a Franvai.) Mon professeur, si, en attendant, vous vouliez jeter un coup d'œil sur ma bibliothèque?

AUGUSTE, bas à Scipion.

Ta bibliothèque !

SCIPION, de même.

Ces trois livres de médecine. qui sont là, sm* la planche. (a part.) Et Camille qui ne revient pas l

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