‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 251 sur 446 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les précédents, SCIPION .

SCIPiOM, hors de lui.

La victoire est à nous I mon cher professeur, mes frères, mes amis, embi'assons-nous.

TOUS

Qu'y e-t-il donc?

Embrassons-nous d'abord, je yous le dirai après. Je viens de chex mon malade.

M. FRANVAL

Il est sauvé?

• SCIPION

Du tout; mais c'est en bon train, grâce à la confidence qu'il vient de me .faire, et qui Ta soulagé plus (}ue toutes les drogues de la Faculté. Cô M. de la Bernardière, cet homme si ri- C che, ce nouveau parvenu, n'est autre que M. Bernard, le beau- ^ frère de notre ancienne voisine, et l'oncle de Camille.

CAMILLE

Que dites-vous?

SCIPION

Il ne peut plus vivre sans moi, et m'avait fait appeler. Quand je suis arrivé, il avait la fièvre, il était dans le délire, il demandait pardon à sa sœur qu'il avait repoussée, qu'il avait laissée mourir de misèi-e. Ma vue et mes discours l'ont calmé, lui ont rafraîchi le sang; et il n'a plus maintenant qu'un désir, c'est de revoir ^sa nièce, de l'adopter, de réparer ses torts. « Docteur, m'a-t-il dit, allez lui annoncer que> si je tt meurs, elle es), ma seule jiéritière; et que, si j'en reviens, « elle a cent mille écus à offrir au mari qu'elle choisira. — « C'est dit, lui ai-je répondu; là-dessus, dormez tranquille, et « dans une heure vous aurez de ipes nouvelles. »

CAMILLE, passaAt ^ la droHe de Scipioa.

Je ne puis revenir encore de tout ce que j'apprends. Ah! Scipion ! que ne vous dois-je pas î

SCIPION

Ces titres-là ne sont rien, il en est d'autres que vous ignorez.

AUGUSTE

Elle sait tout : Victor a pailé pour nous.

8GÈNS xni. i03 «

SCIPION

Ce cher ami! Eh bieni Camille^ prononcez.

VICTOR

Oui, je Vous rayais promis^ et Je tieHi ma par^te- AWRilie, il faut rompre le silence, prononce entre eux. (camiiie baiiM Jm

^eux et se tait. Victor reprend avec chaleur.) Maintenant la reconnslck

âance t'en fait une loi; songe que te voilà riche; à qui de mes deux amis veuî-tu donner cette fortune?

CAMILLE

A vous trois.

VICTOR, hésitant et détournant les yeux.

^^ Et ta main?

CAMILLE

^ A toi, Victor, si tu la veux.

VICTOR, se jetant à genoux*

Dieu! qu'ai-je entendu!

TOUS

Que dit-elle? ^

CAMILLE

Son secret et le mien; car je connaissais depuis longtemps cet amour qu'il espérait nous cacher.

SCIPION, à Tietor.

Air : Ainii que v<m$, StademoiseUe.

Quoi! lu raimais, sans vouloir nous le dire?

VICTOR

Je vous dois trop, je voulais m'acqultter.

SCIPIOIf.

Un sacrifice aussi grand doit suffire.

SCIPION ET AUGUSTE, à Camille en montrant Victor. Oui, c'est iui qui doit l'emporter.

VICTOR, avec joie.

Quoi? vous voulez...

(S'arrètant.)

Je sais par ma souffirance.

Ce qu'il en coûte, hélas î à votre amùt. Et n'ose, par reconnaissance, *

Vous laisser voir tout tton Iwinheur.

i04 LA MANSARBB D£S AKTÎSTES.

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