‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 327 sur 446 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

MADAME DE CRRCY.

Une loge à tous les spectacles!... Ah çà! Monsieur^ prenez garde, vous allez vous ruiner.

GABRIEL

N'ayez pas pleur... Mais il ne s'agit pas ici de ma fortune ; il s'agit de moi) bonheur; revenons à ma femme. Nous voyezvous tous les deux, assis l'un près de l'autre, écoutant les beaux vers de Racine ou de Voltaire, et nous attendrissant sur des amours qui nous rappellent les nôtres? Me voyez-vous, le soir, ramenant ma femme chez moi, ou plutôt chez elle, dans cette maison q-ue le luxe et les arts ont parée pour la recevoir? Ah ! quel bonheur d'enrichir ce qu'on aime, d'embellir son existence par les trésors qu'on a acquis aux périls de la

sienn€ ! (Madame de Crécy se lète, et Gabriel continue en la suivant.)

Oui, Madame, oui, dans les mers du Nouveau-Monde, lorsqu'un bâtiment ennemi se présentait, quand nous sautions à Tabordage, quand une riche part de butin venait augmenter ma fortune, je me disais : a C'est pour elle ; je pourrai le lui « offrir; je pourrai l'entourer de tous les plaisirs de l'opu- « lence; ce que le commerce, les arts, l'industrie auront créé a de plus riche et de plus élégant, je pourrai le lui prodiguer, (( non qu'elle en ait besoin pour être plus jolie, ni moi pour « l'aimer davantage, mais en amour, le bonheur qu'on parce tage est doublé de moitié. » Telles étaient mes espérances, tels sont les plans que j'ai formés, et qu'un mot de vous. Madame, peut réaliser ou détruire à jamais.

MADAME DE CRÉCT.

Que dites-vous?

GABRIEL

Que malgré votre ressentiment, que malgré mes nouveaux torts, vous ne pouvez douter de mou amour, et que cette ruse même en est une nouvelle preuve! mon imprudence vous a compromise, mais pour vous faire connaître celui que vous me préfériez.

Air de la Sentinelle.

.Oui, maintenant prononcez entre nous :

A Bon rival le lâche qui vous livr^ Celui qui craint de mourir avec vous, Pour vous. Madame, est -il digne de vivre ? Qu*un tel destin n'est-il venu s'offrir A moi, moi, votre amant fidèle !

IdS LA QUARANTAINE.

J*aurai8 dit, l;ie,ure^][ dje ^oiirir :

(r %ul|e^ elle .eut moj^ premier «onpifr, « Et mon dernier sera pour elle. ^> Vous m'aimiez autrefois^ vqus loie l'avez dit.

MADAME DE CRÉCy ^ se J^etouriug^

Ah! mo^ Dieu ! ({a\ vient (à ?

PABRIBL.

Peut-èt|'e y|pnt-^n nous Tfs;^âxé la liberté.

91 APAME DE CRÊCT^ ^TolonUirement. GABR|^L> ^ «ep fenota.

Ab] je n'e^ /(emaii^e p.as idav^Atag^e,

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