SCÈNE II
JULIE
C'est un sot.
GERVAIS
Laissez-donc; il a toujours l'argent à la main.
JULIE
Oui^ c'est là l'esprit des gens riches.
GERVAIS
Pas toujours; j'en connais qui cachent leur esprit; et^ en outre^ celui-ci a un air bon enfant.
JULIE
Oui, ni humeur^ ni volonté, ni caractère, toujours de l'avis du dernier qui lui parle ; il ne faudrait pas s'y fier, il n'y a rien de pis que ces gens-là; et je ne conçois pas comment Madame^ qui est jeune et riche , et maîtresse d'elle-même^ a été faire un pareil choix.
GERVAIS
Pourquoi? c'est qu'elle l'aimait.
JULIE
Je n'en voudrais pas répondre; vous voyez comme cette noce a un air triste; pas d'amis^ pas de parents^ personne d'invité, point de bal, ni au salon^ ni à l'oflQce; moi qui avais un costume charmant.
GERVAIS, regardant par la porte du fond.
Vous voyez bien, vous disiez qu'il n'y avait pas d'invitations, v'ià un monsieur qui a un air de famille; c'est quelque père^ ou quelque cousin pour le moins.