‹ ThéâtreChapitre 181 sur 251 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les PRÉCÉDENTS, MADAME DE MELGOURT.

DELMAR

Qu'entends-je? madame de Melcourt chez moi! quel bonheur inattendu!

MADAME DÉ MELCOURT, ëtûtûléë.

Monsieur Delmar! eh mais! Monsieur, comment êtes-Yous ici pour me recevoir? Je venais voir mon oncle, pour qui on a retenu un logement dans cette niaison, et Voh m'k dit : « Montez au premier. »

DELMAfe.

Je récompenserai mon portier; c'est un homme qui a d'heureuses idées.

MADÀlte DB MÉLCOURT.

Et moi, je le gronderai. M'feyposer à voiiS faire une vîsitbt Que dira monsieur Rondon, qui est idau^ittse langttet

RÔNDON.

Oh! Madame je suis bon enfant.

DELMAR

N'allez-vous pas me reprocher uh bonheur que je ne dois qu'au hasard? Monsieur votre oncle va aniver dans l'instant; j'ai promis au docteur Réiny de le recevoir.

MADAME t)E MELCOURT.

Lejeutie t(ém|! vous le connaissez? vous êtes bien hbii«

ÔCÊNE Yî. â55

reux; c'est rhomme invisible : il m'était recommandé, mais jamais il ne s'est présenté chez moi, et cependant j'y prends le plus vif intérêt. J'ai reçu de ma jeune cousine une lettre si pressante!.. 11 faut absolument faire connaître ce jeune homme.

DËLMAR.

Il ne le veut pas.

HAdXMe bb HÉttOÙRT.

Gomment! il ne le veut pas! il le faudra bien; nous lui donnerons de la vogue malgré lui , et sans qu'il s'en doute*

DÈIMAR.

Ce serait admirable!

Et pourquoi pas , si vous me secondez.

RONDON.

Ce Sera uhëcôiiSpii-atidti.

MADAME DE MBLCOURT.

AtR : Aux tempe fieuireiicb de lu ckèvùîerie. Oui, conspirons pour Tuilir à sa belle.

DELMAR ET RONDON.

Nous sommes prêts.

MADAME DE MELCOURT.

Marchons donc hardiment; Et si le sort nous était infidèle,

(Montrant son aigretteO Raillez-Yous à mon panache blanc.

Du Béarnais jadis c'était l'emblème.

MADAME DE MELCOURT.

Avec raison je l'invoque en ces lieux :

Notre entreprise est digne de lui-même.

Nous conspirons pour faire des heureux.

ENSEMBLE

Notre entreprise est digne do lui-même.

Nous conspirons pour faire des heuieui.

MADAME DE MELCOURT.

Il faut d'abord quelques articles de journaul,

DELMAR

Voici Rondon qui s'en chargera. ^

RONDON.

Certainement, un médecin, ce n'est pas un confrère; moi, je suis bon enfant. Donne-moi des notes, (n Ta i*asseoir à la ubie, cl écrit.) a Le docteur Rémy. »

DELMAR

Auteur d'un ouvrage sur le croup.

RONDON, écrivant.

« Le docteur Rémy, le sauveur de l'enfance , l'espoir des mères de famille... »

DELMAR

11 fait tous les soirs un petit cours de physiologie.

Un petit cours! (Écrivant.) « C'est aujourd'hui que le célèbre ^ docteur Rémy termine son coui*s de physiologie. On comraen- * cera à sept heures précises. Les voitures prendront la file au coin de la rue Neuve-des-Mathurins , et sortiront par la rue Joubert. )»

DELMAR

I^arfaitî Dès qu'on promet de la foule, tout le monde y court, (il appelle.) John ! John! tu iras à la préfecture demander deux gendarmes.

JOHN

Oui, Monsieur.

DELMAR

Gendarmes à cheval surtout! on les voit mieux, et cela attire de plus loin.

MADAME DE MELCOURT.

Âttendez-donc : il y a une place vacante à l'Académie de médecine de Paris.

DELMAR. '

C'est ce que nous disions ce matin.

RONDON.

Il faut qu'il l'ait.

MADAME DE MELCOURT.

Il l'aura; c'est aujourd'hui que l'on prononce. On est incertain entre deux rivaux; de sorte qu'un troisième qui se présenterait pourrait tout concilier.

RONDON.

Oui; mais encore faudrait-il taire quelques \i; ilcs; et jamais ce Monsieur ne s'y décidera.

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