‹ ThéâtreChapitre 38 sur 251 · ALCIBIADE, JUSTINE · texte numérisé non relu

ALCIBIADE, JUSTINE

JUSTITIE.

Est-ce possible? c'est lui! c'est Alcibiade! Ahl que je auU contente de vous voir!

80 LE COIFFEOR BT L» PERRtTOUIER.

ALCIBIADE

Et moi aussi^ chdrè Justine 1 (a iiaH.) Dieu! la fUcheuse rëhâontre!

JUSTINE

jËotntnent tous trouY€f»-TOus iei^ tous qui ne Tenez jamais âm% le quartier?

ALCIBIADE, trotblé.

Maisii. je rie sais pas trop*. i je venais.i^j'arHvaisi.. c'est une danie que j'aTais à opifier dans cette maison : madame de Mur val 4

ju§!riNB.

C'est ici dessus^ au second : une jeune ëlégaïite de la rue du Heldër, cjtii a épousé un riciie rentier do la Place-Royale. G'cfst le jour et la nuit; elle met tout sens dessus dessous dans k maison... Mais qU'avez-vous ddhOj Monsieur? tous n'avez pas lair d'avoir du plaisir à me voir*

ALClBIAOEi

Si, vraiment... mais c'est que je Uraitis qtÉe votre oncle... Dites-moi, Justine, conunent votis ttotitôi^tous ici? jiistii^fe.

Je Tenais le cheféher, parce ^li'il y d du Inonde dans la boutique, qui le demande. IleSt vi'di qUë vous ne savez pas... Mon oncle a loué une botîtique ÇUl dépend de cette maison.

AttlBlAiJk, à part.

Ah ! mon Dieu ! il faut cfiie je tienne le plus strict incognito : dorénavant je m'envelopperai dans mon quiroga,

JUSTINE

Mais, que je vous regarde, monsieur Alcibiade; que vous ydlià dotic beau et bien mis! cruelle difiérence quand vous étiez apprenti chez mon oncle^ et que vous n'aviez qu'un habit gWs, qui était toujbui's blanc!

ALCiJBiÀDÈ^ lui faisant signe de se taire.

Justine, dé grâce...

JUSTINE

Et cette cbaîrié éh ôr, et ce beau lorgnon... Èst-ce que maintenant vous avez là viie basse, voUs qUi autrefois m'a perceviez toujours du bout de là rUef vous aviez pom'tant de bon» yeux dans ce téiiips-lâ.

ALCIBIADE

Oiii^ c'était bon Iqucoul J'habitais le Marais, niais maiilte*

naul...

scilifE;

vrr.

Et qtl éisl-ce que je tiens dôtiC de voir par la fenêtre? Air de la JRoèe 9t tes Bottes, S^--

Cette Voiture éiégâhtë et légère, ^J-, !':

Ce beau carrick, ce jdli clïeVàl bàl.

ÂLClÈUbt.

datis dotre étài^ fe'é^t dé fl^né^, Ufa kmtèi Tout est à m\i jtiS(]ù*ân petit jbbkéi.

Fut-il jamais condition {)iu9 dôtiéèf Sur le pâlTé^ que roii me Tdii raÀëF> Mon char s'élance, et gaîment j'éclàlXmWÈl Le plébéien que je Tiens de friser.

JUSTINE

Vmi9 êtes ddtle liche et hètii'etix ? Ah! ^ûë je sttîs (idritentè ! . .; Mais vous m'aimez toujours, n'est-il pas vrai, monsiem' Alcibiade? vous ne m'avez pas oubliée?

ALClâiADÉ^ à part.

Cette pauvre fille! elle m'attendrit tttalgté iîiôi!... (Haut.) Oui, Justine, j'ignore ce qiil kn'airivera ; (a part.) j'en épouserai peut-être Utte auti^é; (flàut.) lîiaié tii pêiii être sûî^e clùe je n'en aimerai jamais d'autre que toi.

justmiÊ.

A iâ bonhé bèuré : àù inoins voilâ qiii est paHer ! (voyant qu'il fait un g^e pour partir.) Eh bien! est-ce que VOUS me quittez déjà?

ALCIBIADE

Mais sans doute, il lé faut : je t'ai dit qu^on m'attendait,

.Dieu! que ces gi'andes dames-là sont heureuses d'être coiffées par vous ! Eh bien ! à moi que vous aimez, ce bonheur ne m'arrivera pas.

ALCIBIADE

Justine, y penses-tu?

JUSTINE

J'en ai pourtant bien envie ! car je dois aller tantôt datis une belle assemblée, où il y aura bien du monde. Mort oncle a promis de me crêper à l'ancienne manière; mais de votre main, ça serait Imu mieux» et je $uis sûre que je s<3t^is bien plus jolie.

52 MB COIFFEUR ET LE PEMIUQUIER.

ALCIBIADE

Un autre jour, je ne demande pas mieux, mais dans ce moment» ^ suis trop pressé.

* JUSTINE

Monsieuis rien qu'un petit crochet; j'espère que uvez pas me refuser cela.

ALCIBIADE, à part.

Au fait, puisque mademoiselle Desroches est sortie... (Haut.) Allons, dépêchons-nous; je vais vous faire une petite coiffure à la neige, dans le genre de Nardin.

JUSTINE, allant prendre un fauteuil.

Ah! quel bonheur!

Page 1