SCENE III
LE PÈRE GRIFFON, MONSIEUR, tenant un bougeoir.
LE PÈRE GRIFFON
Il me semble que cet abandon de son projet n'est pas sincère... sous cette insouciante gaîte ca< herait-il une ruse? une trahison ? Ces rumeurs répétées à voix basse, et dont je me suis alarmé, auraient-elles suggéré à la cour de France ou d'Angleterre, la pensée d'envoyer ici un émissaire, un espion ?.. et cet homme... (à Monsieur.) La porte de cette chambre (montrant celle de Croustillac), ferme-t-elle bien?
monsieur.
Oui, maître.
LE PÈRE GRIFFON
La croisée donne sur la cour entourée de toutes parts de bâtiments. Va h la cour en faisant U> tour de la maison... ferme toutes les portes de cette cour .. qu'on ne puisse sortir de ce côté... tu y resteras en observation, et deux minutes après que tu auras
vu la lumière s'éteindre dan* la chambre du chevalier, tu viendras m'avertir en frappant doucement a ma porte. {Monsieur sort par la porte donnant dehors.)
LE PERE GRIFFON
Que cet homme soit extravagant ou mal intentionné, il faut l'empêcher daller au Morne au Diable... Et moi-même je vais l'y précéder... je ne sais encore si j'aurai le courage d'annoncer la fatale nouvelle... mais quoique les projets de cet aventurier leur soient déjà connus, je leur dirai de redoubler de prudence. (Il rentre dans sa chambre. Nuit complète.)