ACTE m, TABLEAU V
l'employé.
D'un événement très-grave, monsieur le procureur-syndic.
LÉONARD
Très-grave... mes concitoyens me trouveront à la hauteur de la situation.
l'employé.
Il y a quelques heures , une berline est arrivée à la poste de Varenues; les chevaux manquaient, et les voyageurs ont été forcés d'attendre. Sur ces entrefaites est arrivé M. Drouet, fils du maître de poste de Sainte-MenehoukL Avant de laisser partir les voyageurs, il a demandé qu'on vérifiât les passe-ports... On en a présenté un au nom de la baronne de Khorf voyageant avec sa famille. M. Drouet a déclaré que ce passe-port était faux, et que ces voyageurs étaient le roi, la reine et leurs enfants...
LÉONARD
Le roi et la reine !
l'employé.
Oui, monsieur le procureur-syndic, le roi et la reine... Et Ton soupçonnait déjà que c'étaient eux; une personne de la poste avait reconnu le roi à sa ressemblance avec un écu de six francs.
LÉONARD
C'est vrai que c'est une ressemblance frappante.
Est-ce que vous avez vu le roi, vous?
LÉONARD
Non, mais j'ai vu des écus de six francs.
LÉTUVÉ.
Ah!...
LÉONARD
Madame Léonard, mon habit, mon écharpe, mon tricorne!!.. l'employé.
Ah! ne vous pressez pas, monsieur Léonard. La Commune a décidé que le roi et la reine seraient amenés ici jusqu'à de nouvelles mesures. (Mme Léonard a apporté les objets demandés par Léonard. L'Employé sort avec les Gens du peuple.)
LÉONARD
La Commune me laisse ici dans un grand embarras... Est-ce une réception municipale ou est-ce un interrogatoire que je dois faire subir au roi de France? Je commencerai par la réception, et je verrai plus tard s'il y a lieu à un interrogatoire.