‹ ThéâtreChapitre 263 sur 449 · ACTE II, SCE^E IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCE^E IV

LOCISAXXE.

Je vivais avec ma mère dans un obscur village de la côte. Un jour, on vit arriver dans ce village un homme que personne ne connaissait : c'était le comte de Pietranera. sainte-amarante.

C'est plein d'intérêt.

LOUISANNE.

Il était riche : il se montra généreux et se lit aimer de tous.

Rodolphe, à pari.

Je le reconnais bien là , bon Corse !

LOUISANNE.

Il devint bientôt notre hôte familier. Au bout de quelques semaines, il demanda ma main. Je ne l'aimais pas, mais je n'aimais personne, et pour assurer les derniers jours de ma mère , je consentis a l'épouser.

SAINTE-AMARANTE

Charmant ! délicieux î...

LOUISANNE.

Ma mère mourut. Mon mari m'emmena dans un magnifique château, à quelques lieues d'Ajaccio.

RODOLPHE

Chef-lieu de département.

LOUISANNE.

Ma belle-mère me reçut avec une politesse froide et hautaine ; mais le comte redoublait de piévenances et de générosité. Rodolphe, à part.

Excellent homme ! plein de délicatesse !

LOUISANNE.

Il ne me témoignait jamais la moindre jalousie; il voyait les jeunes gens s'empresser amour de moi, et loin de s'en alarmer, il les attirait chez lui et me grondait doucement quand je les recevais avec trop de froideur.

Rodolphe, basa Sainte-Amarante.

Jusqu'ici je ne vois pas plus d'abîme que sur la main.

SA1NTB-AM A HANTE , ha S.

Attends donc ! ça se creuse.

VALENTIN

De grâce, messieuis, laissez parler madame.

LOUISANNE.

Parmi les jeunes gens qui me faisaient la cour, j'en avais remarqué un , nommé Giacomo Doria.

oô LA CHASSE Al ROMÀ.N.

YALENTI>\

Vous l'aimiez ?

LOUISANNE.

Non, je ne l'aimais pas; mais par son esprit il avait su me plaire.

Elle aime les gens d'esprit ! bon !

louisanne.

Sous le prétexte le plus frivole , mon mari le provoqua et le tua d'un coup d'épée.

Rodolphe, à part.

Fichtre I

SAINTE-AMARANTE

Il le tua?

LOUISANNE.

Plus tard, un jeune Anglais, sir Edmond Dudley, me poursuivait de ses hommages.

VALENTIN

Vous l'aimiez?

LOUISANNE.

^ Non , je ne l'aimais pas. Cependant, je le voyais sans déplaisir. Un jour, dans une partie de chasse où était mon mari, sir Edmond Dudley tomba frappé d'une balle partie on ne sait d'où.

Rodolphe, à part.

Nom de nom !...

VALENTIN

Et l'on n'a jamais su...

SAINTE-AMARANTE

Attendez donc! attendez donc !

LOUISANNE.

Je n'osais pas accuser mon mari , et je me demandais £vec effroi si tous ceux qui m'aimaient étaient destinés à mourir.

Moi aussi , je me le demande avec effroi !

LOUISANNE.

La comtesse douairière tomba malade; je la soignai comme ma propre mère. Un soir, nous étions seules : le comte était allé à la ville. Il faisait une affreuse nuit; la tempête soufflait au dehors; la chambre où nous étions n'était éclairée que par la lueur du foyer; la pluie fouettait les vitres, et la bise sifflait dans les longs corridors.

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