‹ ThéâtreChapitre 292 sur 449 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, DONATIEN, UN VIEIL OFFICIER. {Une partie delà foule reflue sur le théâtre en criant à Donatien : Bravo ! bravo ! D nalien paraît, il entre protégeant toujours le lit il officier.)

le vieil officier.

Voilà, parbleu! de singulières geus!... tout à l'heure ils voulaient m'écraser, et vous, qui me sauvez de leurs mains, ils vous applaudissent.

DONATIEN

C'est la foule, monsieur ; toutes les folles colères, mais aussi tous les généreux enthousiasmes... ne nous plaignons pas de ses emportements... si le peuple avait la tête moins* vive, il n'aurait pas le cœur aussi bon.

LE VIEIL OFFICIER

Sans doute, mais dans certains moments on est heureux d'avoir à lui opposer une force et une énergie telles que les vôtres. (La foule, qui était entrée avec Donatien, s'éloigne et disparait à gauche, côté de la rue Royale.)

LlCENAV.

Aussi, ai- je cessé de trembler pour vous, monsieur, quand j'ai vu que vous aviez pour vous défendre le bras et le cœur du docteur Donatien.

' LE VIEIL OFFICIER

Eh quoi! messieurs, c'est à ce médecin célèbre que je dois un pareil service... Je ne m'étonne plus de m'en être si heureusement tiré; j'avais pour moi la providence des malades.

DONATIEN

Cette cure-là n'ajoutera pas beaucoup à ma réputation; mais -lie comptera pour moi comme un bon souvenir.

LE VIEIL OFFICIER

Je ne vous dis rien ici de ma reconnaissance; c'est chez vous, docteur, que j'aurai le plaisir d'aller vous remercier avec ma fille, la duchesse de Montbreuse, qui va savoir ce que je vous dois.

DONATIEN

Le duc de Montbreuse, l'envoyé de France à Stockholm est votre gendre?...

Page 1