PROLOGUE, SCENE V
{Nouvelle détonation. — Lumière plus vive. — Cris de la foule.) Mais écoutez... ce bruit... ce n'est pas celui de la joie.
DONATIEN
Non, ce sont des clameurs de désespoir... des cris de mort.
LUCENAY
Cette lumière rougeâtre... ce n'est pas celle du feu d'artifice.
DONATIEN
Non... c'est la lueur de l'incendie. (La foule revient poussant des cris et s'éloignant en tumulte.)
PREMIER OFFICIER
Que se passe-t-il donc là-bas?
Donatien, enjambant la terrasse.
Je vais bien le savoir.
lucenay, essayant de le retenir, 0 ciel I où allez-vous?...
DONATIEN
Laissez-moi !
LES OEFICIERS.
Oh! restez! restez, docteur.
DONATIEN
Laissez-moi, vous dis-je... laissez-moi ! (Il se dégage et descend en scène.)
LUCENAY
Ce serait courir à votre perte... N'entendez-vous donc pas?... on s'étouffe! on s'écrase I
DONATIEN
Ne me retenez pas... l'abîme m'attire... j'ai le vertige !
LUCENAY
Mais c'est de la folie.
DONATIEN
Je vous ai dit que le vin me rendait fou ! il ne fallait pas me faire boire \'(ll repousse Lucenay, s'élance vers la droite et disparaît,)
LUCENAY
Suivons-le, messieurs... et s'il se peut, arrachons-le vivant de ce gouffre. (Au moment où Lucenay et les Officiers se précipitent à la poursuite de Donatien, des groupes qui aniicid rn désordre les séparent. — Une autre détonation éclate. — Le théâtre est éclairé par une lueur toiigeâire qui s'éteint et se ravive à chaque instant jusqu'à la fin du prologue.)