ACTE II, SCENE X
monsieur de Lavieuville sera libre, annoncez-lui qu'il y a du monde au salon. (François sort.)
leverdier, à Marthe.
Je regrette, madame, de devoir à une circonstance douloureuse l'honneur de me présenter devant vous.
GEORGES
Vous avez informé monsieur le docteur du motif qui nous réunit?...
DONATIEN
Quelques mots seulement m'ont fait comprendre que vous aviez le désir d'être fixé positivement sur l'état mental de monsieur de Lavieuville. Pensez-vous donc que sa raison soit perdue à ce point qu'on doive le faire enfermer?...
GEORGES
Permettez, monsieur... il ne s'agit que de s'opposer à des spéculations ruineuses pour mes sœurs et pour moi; qu'on prive monsieur de Lavieuville du droit d'acquérir et de vendre : voilà tout ce que nous demandons... Quant à la liberté de mon père, j'entends qu'on la respecte.
Prenez garde, vous pouvez bien appeler sur lui l'action de la justice: mais quand elle aura commencé son œuvre, vous n'aurez pas le droit de lui dire : Tu n'iras pas plus loin... L'homme que vous lui livrez est son bien ; l'honneur, la liberté, la vie de cet homme, tout lui appartient, et cela doit être ainsi; car si l'on pouvait marchander avec elle, ce ne serait plus la justice.
François, annonçant.
Mon sieur le comte !
marthe, bas, à Georges.
Mon père!... Oh! Georges! je ne pourrai jamais.
GEORGES
Si tu manques à ta promesse devant ce magistrat parent de ton mari... devant ton mari lui-même qui tout à l'heure peut arriver, Marthe, je dis tout. (De Lavieuville entre, appuyé sur Marie.)