SCENE I
DONATIEN, seul (Il regarde avec attendrissement vers la porte de Marie) Elle est calme... elle repose... Oh! la nuit a été terrible... mais l'épuisement est venu, et maintenant le sommeil réparateur... Puisse-t-il l'apporter un doux rêve, ma fille!... C'est ma fille, cette douce et pure enfant près de qui j'ai veillé toute la nuit!... Celle qui a reçu ms soins, et qui repose là, sous mes yeux, sous ma garde, c'est ma fille !... Et là, toujours près d'elle, rette femme si noble et si chaste, ce n'est pas la sœur de Marie... c'est sa mère!... 0 Marthe! cette révélation t'a rendue pius sainte à mes yeux... J'ai senti mon respect pour toi s'élever et grandir avec ton malheur. Grâce au ciel , ma plus périlleuse épreuve est passée ! J'ai pu triompher de mon émotion hier, et quoi qu'il arrive à présent, je resterai maître de mon secret... sans qu'on soupçonne jamais la vérité, je pourrai revoir tous les jours celle qui me doit la vie ! Désormais , je serai pour elle un ami si constant, si dévoué, qu'il faudra bien qu'elle m'aime!... Ah! pour cette confiance que je mériterai, pour cette part de tendresse que tu me donneras. Marie, reçois dans ce baiser tout mon cœur, toute mon âme. (Il lui envoie un baiser.)