ACTE IV, SCEINE IV
MARTHE
L'obstacle qui le sépare de Théobald, ce n'est pas cette passion coupable dont tu m'accuses.
MARIE
Mais vous oubliez que j'ai une preuve.
MARTHE
Malheureuse enfant! si tu ne veux pas croire que ta sdBUf soit une honnête femme, croiras-tu donc que ta mère puisse être ta rivale?
Ma mère!
MARTHE
Oui, moi, moi, ta mère... On a dû tromper tout le monde sur ta naissance... Mais rappelle-toi, Marie, rappelle-toi mes soins et ma tendresse... Si Marthe n'a jamais pu te nommer sa fille... du moins, par son dévouement, par son amour, elle a mérité qu'on dit partout : Pour Marie, c'est plus qu'une sœur, c'est une mère.
marie, tombant à ses pieds.
Pardon, ma mère !
MARTHE
Ah! tu me crois, n'est-ce pas?
MARIE
Dites-moi que vous me pardonnez tout, dites-moi que vous jn' aimez encore.
MARTHE
Si je t'aime, Marie'.... oh! oui, il faut que je t'aime bien, puisefue la honte n'a pas arrêté mes paroles, puisque je n'ai pas craint de rougir devant toi, puisque je t'ai dit mon secret. Ce porirait que tu as surpris dans mes mains, ce n'est pas celui de Théobald. — Tiens, regarde les noms et la date, c'est celui de Charles de Lucenay, son père, de Charles de Lucenay, — qui m'a perdue ! !
MARIE
Son père! Oh! mais alors, s'il y a un amour coupable... c'est le mien. Il ne faut pas que Théobald revienne, il ne faut pas qu'il t'accuse... Je veux lui écrire qu'ayant mieux interrogé mon cœur, et ne prenant conseil que de lui, c'est moimême qui ai rompu le mariage... qu,e je me refuse à toute explication; que s'il veut me répondre, je ne recevrai pas ses lettres... enfin que je renonce pour toujours à lui... Je rentre chez moi, j'ai besoin d'être seule pour rassembler mes idées et pour écrire... attends:... attends!... mes adieux à Théobald... tu les liras... tu verras que moi aussi j'ai du courage... ma mère. Mie l'embrasse, et sort.)