SCÈNE XII
ARNOULD, PAUL, ensuite BEAUSÉJOUR.
arnould, à part.
Le grand-père est très-chaud : quelle fureur !
PAUL
C'est vous, Monsieur, vous qui jetez la discorde entre nous : Vous eussiez bien mieux fait de demeurer à Lille. Ici votre présence est assez inutile ; Vous ne resterez donc a Pau- qu'un seul jour. Demain sans faute,., allons, j'a 1 mséjour.
Il prend bien son moment... que le diable l'emporte !
beauséjour, venant au mili C'est un grand appétit, mon cher, que je t'apporte.
PAUL
J'en suis charmé.
arnould, à part.
Courons au théâtre; il est temps, Et pour me préparer je n'ai que peu d'instants.
(H sa sauve.)
SCÈKE XIII.
BEAUSÉJOUR, PAUL
BEAUSÉJOUR
C'est ton fils qui s'en va, ce me semble.
PAUL
Lui-même.
BEAUSEJOUR.
Où court-il donc avec cette vitesse extrême?
PAUL
(.4 part.) {Haut.)
Ma foi, je n'en sais rien... une commission...
EEAUSÉJOUR.
Pour le souper peut-être? ah! cher amphitryon, Point de cérémonie avec un camarade.
Eh bien, de mon Crispin la petite incartade Doit recevoir bientôt son juste châtiment, Et l'on va dans Paris chercher le garnement.
paul, avec distraction.
Oui-dà ?
BEAUSÉJOUR
Dans quelque endroit qu'on le trouve, on l'arrête. On a, sans balancer, fait droit à ma requête. Ton nom, dont ton ami se pare avec orgueil, M'a valu sur-le-champ un gracieux accueil, Et je n'espérais pas si prompte réussite: Maïs je t'en remercie et je m'en félicite. A propos, mon ami, j'ai des lettres pour toi : J'allais les oublier.
PAUL
Des lettres?
BEAUSÉJOUR
Oui, ma foi.
Un monsieur fort honnête, à l'auberge où je loge, M'entend dire ton nom, vienl à moi, m'interroge : Nous causons, et j'apprends par un long entretien Que dan> Lille son Bis était l'ami du tien; Que ce fils s'est enfui, parce qu'en uni.- affaire Il a sur le carreau laissé son adversaire.