‹ ThéâtreChapitre 68 sur 449 · JEAN, LE SECRÉTAIRE, GARDES MUNICIPAUX · texte numérisé non relu

JEAN, LE SECRÉTAIRE, GARDES MUNICIPAUX

jean, accablé, atterré.

Ah! gredin ! ah! sans cœur! qifai-je fait? pendant qu'elle souffre, pendant qu'elle pleure, l'oublier, me soûler comme une brute, comme autrefois! Rien n'a servi, ni le passé ni le présent, la mort de l'un, ni la prison de l'autre... Incurable, incurable... Oh! quand elle saura!... C'est son absence aussi, c'est le chagrin, c'est une tentation de l'enfer. Satané vin! [Se levant.) j'avais la preuve, je la tenais, je tenais là le salut de ma ii lie, de ma vie. Et puis une bouteille ou deux, et je perds tout, tout, l'enfant comme le père... Ce que c'e^t que de nous!... me voilà pris moi-même. Oh! pour moi, c'est bien fait! tant mieux! oui; mais elle! Mon Dieu, à mon secours ! comment faire, comment dire à cette heure?... les dénoncer sans preuve?... un homme comme lui, accusé par un homme comme moi! Chiffonnier contre baron! Un liard contre un louis... Allons! allons, il ne s'agit pas de geindre... il faut chercher, il faut trouver, il faut la sauver, elle qui sauve les autres. Il n'y aurait pas de justice, pas de procureur du roi, pas de bon Dieu ! il faut qu'elle vive ou que je meure. On ne peut pas m'arracher mon enfant, on ne peut pas m'arracher le cœur, on ne peut pas nous tuer quand nous ne sommes pas coupables, quand le diable y serait!

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