SOLANGE, HUBERT, CHARLOTTE
CHARLOTTE, au dehors. Je vous trouve toujours sur ma route... Cela devient compromettant à la fin.
Elle entre avec Hubert.
CHARLOTTE, à Solange, lui serrant la main. Nous nous sommes rencontrés en bas... N'est-ce pas, on dirait un ménage?
HUBERT, même jeu.
Et je connais, du reste, des ménages moins unis.
SOLANGE
Eh bien! puisque vous êtes si bons amis, vous allez me rendre un petit service... Vous allez vous recevoir l'un l'autre, en attendant madame Gallardon qui m'avait priée de vous faire patienter... Comme cela, vous m'éviterez d'arriver en retard à un rendez-vous que j'ai à cinq heures précises.
HUBERT
Mais non, nous vous avons, nous vous gardons... (Avec ironie.) Il attendra un peu, voilà tout. SOLANGE.
C'est qu'il n'aime pas beaucoup attendre.
HUBERT
Je comprends cela... Vous êtes si jolie... Il doit vous adorer.
SOLANGE
Ah! sans me flatter, comme peu de maris, je crois, aiment leur femme.
HUBERT
C'est donc votre mari?
SOLANGE
Et qui pensiez- vous que ce fût?
CHARLOTTE
Ne l'écoute pas, Solange... Il n'a que de mauvaises idées en tête... Je me charge de le mettre à la raison. Mais sauve-toi vite... Tu n'as que le temps...
SOLANGE
Vous ne m'en voulez pas de vous quitter?
HUBERT
Oh! moi, je n'en veux qu'à votre mari.
SOLANGE
Oh! vous!...
Elle sort par la droite.