‹ Théâtre françaisChapitre 124 sur 184 · ICI MUS · texte numérisé non relu

ICI MUS

Des oppresseurs adroits langage insidieux .

Qui ne séduit que trop la faiblesse indolente;

La liberté, sans doute, est souvent turbulente:

C'est en la disputant qu'on peut la muinienir.

Un sujet a tout fait quand il .sait obéir 5

[1 suffit d'être vil pour savoir être esclave :

Le citoyen doit être ctvigilant et brave.

Tout s'achète en an mot ; et le plus précieux ,

Le plus cher des présens que nous ont faits les dieux,

La liberté , toujours aux peuples enviée ,

Pourrait de quelques soins paraître trop payée !

Il faudra des tyrans en croire les discours!

Qui ne les connaît pas? Us appellent toujours

Du nom d'ordre et de pais l'autorité sans borne ,

Le dévouement muet, la servitude morne ,

Et décorent ainsi des titres les plus beaux

Le silence des morts et la paix des tombeaux.

Cette paix cependant peut les tromper enx-mémei :

Tranquilles, et du haut de leurs grandeurs suprêmes.

Croyant éterniser un slupide sommeil ,

Ils ne pressentent pas le moment du réveil.

Ce réveil , c'est la foudre.

APPICS.

El l'on croit sur nos tètes Faire éclater bientôt ces soudaines tempêtes?... J'entends : Icilius daigne enfin m'avertir Des dangers dont ici l'on veut nous investir. 11 vient sur Appiu» essayer la menace.

J'ignore quel espoir peut fonder tant d'audace; Je lui dirai pourtant, pour prix de ses conseils. Que nous ne redoutons ni lui ni ses pareils; l^^ii'à respecter nos droits s'il ne peut se contraindre ,

,^2 VIRGINIE

Il en est un dn moins ((ue peut-être il iloit craindre , La force; et contre Ini justement exerce... icitius.

La force n'est un droit qu'aux yeux de Tinsense ,

Qui ne se souvient pas quVn suivant sa maxime

On peut du même droit le rendre la victime.

La force!... et qui t'a dit que tu Taurais toujours?

Que dis-je ? est-elle à toi ? Compte tous les secours

Qui fondent un moment cette force empruntée :

C'est pour un autre emploi qu'elle te fut prêtée.

Ce sont les bras d'autrui qui te font tout-puissant;

Tu diriges d'un mot leur glaive obéissant j

A leur devoir encore ils pensent satisfaire ;

Mais qu'ils ouvrent les yeux, qu'un moment les éclaire.

Et l'oppresseur si fier va voir au même instant

Sa solitude aflVeuse , ou plutôt son néant.

CJe maître impérieux n'est plus qu'un vil coupable ;

11 invoquait la force, et la force l'accable •

D'autant plus malheureux , quand son règne est passé ,

Que sur son propre sort lui-même a prononcé,

Que rien en sa faveur ne peut se faire entendre,

Et qu'à la pitié même il ne peut plus prétendre.

La vengeance publique insulte à son trépas,-

Et mourant dans la fange on ne le plaindra pas.

Voilà ce qu'est la force : apprends qu'il n'en est qu'une

A l'abri des revers : la volonté commune.

C'est elle qui peut tout sous le saint nom de loi ,

Qui fait les magistrats, qui légitime un roi.

Son principe est sacré : c'est la justice même,

Qu'au fond de tous les cœurs grava l'être suprême.

Elle unit les mortels, tous égaux à ses yeux :

L'erreur fit les tyrans, et la loi vient des cieux.

APPIUS

J'ai voulu jusqu'au bout me fcu'cer à l'entendre , Et voir enfin de toi ce que je dois attendre. C'est assez , et ton cœur a parlé sans détour. Je le croyais rempli des soins de son amour; J'ai cru que le péril qui devant moi t'amène Devait seul. .

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