ICI MUS
Des oppresseurs adroits langage insidieux .
Qui ne séduit que trop la faiblesse indolente;
La liberté, sans doute, est souvent turbulente:
C'est en la disputant qu'on peut la muinienir.
Un sujet a tout fait quand il .sait obéir 5
[1 suffit d'être vil pour savoir être esclave :
Le citoyen doit être ctvigilant et brave.
Tout s'achète en an mot ; et le plus précieux ,
Le plus cher des présens que nous ont faits les dieux,
La liberté , toujours aux peuples enviée ,
Pourrait de quelques soins paraître trop payée !
Il faudra des tyrans en croire les discours!
Qui ne les connaît pas? Us appellent toujours
Du nom d'ordre et de pais l'autorité sans borne ,
Le dévouement muet, la servitude morne ,
Et décorent ainsi des titres les plus beaux
Le silence des morts et la paix des tombeaux.
Cette paix cependant peut les tromper enx-mémei :
Tranquilles, et du haut de leurs grandeurs suprêmes.
Croyant éterniser un slupide sommeil ,
Ils ne pressentent pas le moment du réveil.
Ce réveil , c'est la foudre.
APPICS.
El l'on croit sur nos tètes Faire éclater bientôt ces soudaines tempêtes?... J'entends : Icilius daigne enfin m'avertir Des dangers dont ici l'on veut nous investir. 11 vient sur Appiu» essayer la menace.
J'ignore quel espoir peut fonder tant d'audace; Je lui dirai pourtant, pour prix de ses conseils. Que nous ne redoutons ni lui ni ses pareils; l^^ii'à respecter nos droits s'il ne peut se contraindre ,
,^2 VIRGINIE
Il en est un dn moins ((ue peut-être il iloit craindre , La force; et contre Ini justement exerce... icitius.
La force n'est un droit qu'aux yeux de Tinsense ,
Qui ne se souvient pas quVn suivant sa maxime
On peut du même droit le rendre la victime.
La force!... et qui t'a dit que tu Taurais toujours?
Que dis-je ? est-elle à toi ? Compte tous les secours
Qui fondent un moment cette force empruntée :
C'est pour un autre emploi qu'elle te fut prêtée.
Ce sont les bras d'autrui qui te font tout-puissant;
Tu diriges d'un mot leur glaive obéissant j
A leur devoir encore ils pensent satisfaire ;
Mais qu'ils ouvrent les yeux, qu'un moment les éclaire.
Et l'oppresseur si fier va voir au même instant
Sa solitude aflVeuse , ou plutôt son néant.
CJe maître impérieux n'est plus qu'un vil coupable ;
11 invoquait la force, et la force l'accable •
D'autant plus malheureux , quand son règne est passé ,
Que sur son propre sort lui-même a prononcé,
Que rien en sa faveur ne peut se faire entendre,
Et qu'à la pitié même il ne peut plus prétendre.
La vengeance publique insulte à son trépas,-
Et mourant dans la fange on ne le plaindra pas.
Voilà ce qu'est la force : apprends qu'il n'en est qu'une
A l'abri des revers : la volonté commune.
C'est elle qui peut tout sous le saint nom de loi ,
Qui fait les magistrats, qui légitime un roi.
Son principe est sacré : c'est la justice même,
Qu'au fond de tous les cœurs grava l'être suprême.
Elle unit les mortels, tous égaux à ses yeux :
L'erreur fit les tyrans, et la loi vient des cieux.
APPIUS
J'ai voulu jusqu'au bout me fcu'cer à l'entendre , Et voir enfin de toi ce que je dois attendre. C'est assez , et ton cœur a parlé sans détour. Je le croyais rempli des soins de son amour; J'ai cru que le péril qui devant moi t'amène Devait seul. .