ACTE XV , SCENE II. i
La vengeance est une arme an cœur des opprimes. L'excès des attentats en est souvent le terme.
ICILIUS
Je vois que dans son sein Rome du moins renferme
De braves citoyens ennemis des pervers ;
[Is ont pris ma querelle , ils ont brise mes fers,
L'es fers dont aujourd'hui rennemi qui m'opprime
Crut devoir me charger pour consommer son crime.
De celte liberté mon amour s'est servi j
Et tandis qu'Appius, de peu des siens suivi,
Allait au capitole assembler ses cohortes ,
Nous marchons au palais , j'en enfonce les portes ;
Je cours à Virginie , et d'un bras furieux
Je l'arrache aux licteurs : hélas ! ses tristes yeux ,
D«ns ce terrible instant fermés à la lumière ,
Se sont 1 ouverts enfin , et pour revoir un père.
Ne croyez pas pourtant le péril écarté.
Le féroce Appius , de sa honte irrité ,
Des dernières horreurs , sans doute , nous menace :
Sachons quels nouveaux coups prépare sou audace.
Je vais m'en assurer , et veux dans un moment
Vous informer moi- même...
VIRGINIE
Où vas-tu , cher amant ?
Je frémis des dangers où ton amour t'expose. Uonnais-tu le tyran? sais-tu tout ce qu'il ose ? Sais-tu contre les jours ce qu'il peut attenter , l^ue la nuit couvrira les coups qu'il peut porter '.' Kl tu peux t'éioigner ! et n»algré ma prière...
ICILIUS
Votre époux sans effroi vous laisse avec un père. Je crains peu pour ma vie : hélas ! elle est à vous. Fj'orage suspendu gronde toujours sur nous. Voyons ce qu'Appins peut encore entreprendre , Le que font nos amis, s'ils peuvent nous défendre. Je vous quitte , il le faut, et revole en ces lieux. Toi, Menés , suis mes pas.
< Il sort.
5 î VIRGIME.